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Le chemin épineux de l’aide des Etats-Unis à l’Ukraine

Washington, 13 mai (Prensa Latina) Avant de quitter la ville vendredi, le sénateur Rand Paul (R-Kentucky) a anéanti les espoirs bipartisans aux États-Unis que le Sénat puisse approuver tout de suite une aide de près de 40 milliards de dollars à l’Ukraine.

L’homme politique est apparu jeudi comme une épine dans le pied de ceux qui veulent donner plus de fonds au complexe militaro-industriel,  le bénéficiaire le plus important de la crise et des combats se déroulant dans ce pays entre les troupes ukrainiennes et russes, et dont le Pentagone fait déjà presque partie en fournissant une énorme quantité d’armes et de logistique.

Paul s’est opposé à un accord suggéré par un démocrate chef de la majorité au Sénat, Charles Schumer, et par le chef de la minorité, Mitch McConnell (républicain) qui aurait dû donner le feu vert à un vote jeudi après-midi sur le financement et sur un amendement de Paul, souhaitant insérer le contrôle du financement de l’Ukraine dans le texte du projet de loi.

L’impasse retardera l’adoption du paquet par le Sénat jusqu’à au moins la semaine prochaine et potentiellement au-delà, selon un quotidien spécialisé dans les questions relatives au Congrès, The Hill.

« Je pense qu’ils vont devoir prendre le chemin le plus long », a estimé Paul à The Hill par rapport à ce qui aura lieu après l’impasse au Parlement.

Il est frappant de constater que parmi les arguments avancés, le législateur a mis en garde contre le rythme des dépenses, affirmant que « nous ne pouvons pas sauver l’Ukraine en condamnant l’économie étasunienne. »

« Les Etats-Uniens ressentent la douleur de l’inflation et le Congrès semble déterminé à ajouter à cette douleur en poussant plus d’argent à la porte aussi vite qu’il le peut », a déclaré l’homme politique du Kentucky.

La crise de la guerre en Ukraine, orchestrée par les États-Unis au vu de pousser la Russie dans un scénario de confrontation au sein de la region, fournit de nombreuses preuves du fait que les Etats-Uniens ont capitulé aux pieds de l’industrie militaire de leur pays.

L’un des signes en est le torrent de fonds utilisés à de telles fins. Le président Joe Biden voulait 33 milliards de dollars supplémentaires pour l’Ukraine.

Le Congrès l’a porté immédiatement à 40 milliards de dollars, ce qui se traduit dans le fait que des dizaines de milliards et plus  d’ailleurs sortent des caisses du pays pour aller en Ukraine, alors que des millions de ses habitants se heurtent à la pauvreté.

La récente visite de Biden aux installations de Lockheed Martins en Alabama se veut un exemple flagrant de l’assujettissement du pouvoir aux grandes entreprises militaires, productrices de la mort au lieu de la nourriture.

Depuis le début de la crise le 24 février, la Maison-Blanche a annoncé à plusieurs reprises des montants significatifs et apparemment aléatoires qu’elle entendait envoyer afin d’alimenter la guerre, selon une constatation de Glenn Greenwald, chroniqueur, blogueur, écrivain et journaliste au service de grands médias internationaux.

La plupart de ces « fonds de la mort » iront dans les coffres de l’industrie de l’armement, notamment de Raytheon, au conseil d’administration duquel l’actuel secrétaire à la défense, Lloyd Austin, siégeait juste avant d’être choisi par Biden pour diriger le Pentagone.

Les montants alloués jusqu’à présent – la nouvelle demande de 33 milliards de dollars de Biden combinée aux 14 milliards de dollars déjà dépensés – dépassent déjà le montant annuel moyen que les États-Unis ont destiné à leur propre guerre en Afghanistan, soit 46 milliards de dollars. Mais une simple manœuvre du sénateur Paul semble avoir mis une pierre sur le chemin de l’un des plus grands atouts du complexe militaro-industriel, le Congrès des Etats-Unis.

jcc/jcm/lb

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