« Il n’y a même pas de dialogue au niveau intermédiaire. Nous avons échangé des messages. Ce qu’il y a, ce sont les conversations habituelles qui existent depuis longtemps. Même moins que cela », a-t-il souligné dans un contexte marqué par le renforcement du blocus imposé à l’île par Washington.
Interrogé sur une éventuelle médiation entre les deux nations, le vice-ministre a affirmé que « s’ils (Washington) avaient la volonté de le faire, comme ce fut le cas par le passé, plusieurs pays pourraient faciliter l’espace ».
« Mais Cuba et les États-Unis ont des relations diplomatiques. Nous avons même des ambassades dans nos capitales respectives. Il n’est donc pas nécessaire qu’il y ait un canal de communication. Ce qui doit exister, c’est la volonté », a-t-il manifesté.
À son avis, cette possibilité est peut exister, mais elle nécessite la volonté des États-Unis d’avoir un dialogue sérieux et respectueux, qui tienne compte du fait qu’ils ne peuvent pas violer les droits et les prérogatives souveraines des parties.
« Ce n’est pas trop demander. Rien de ce que propose Cuba n’est irrationnel. Cuba n’est pas un domaine des États-Unis. Elle n’est pas leur colonie. Ni des États-Unis, ni d’aucun pays. C’est un État souverain », a-t-il souligné.
« Nous pensons qu’un dialogue avec l’administration du président (Donald) Trump est possible, mais celui-ci doit considérer quels sont réellement ses intérêts nationaux, ses priorités, les éléments qui se révèlent importants pour sa sécurité nationale, pour le bien-être et le niveau de vie de sa population », a-t-il déclaré.
Il a estimé qu’il « doit mettre de côté les fictions que fabriquent les secteurs anti-cubains aux États-Unis pour continuer à vivre et à tirer profit de l’hostilité bilatérale. Il doit arrêter de mentir en disant que Cuba est une menace, parce que c’est impossible. »
Le vice-ministre a rappelé que les étasuniens ne peuvent pas passer leurs vacances sur l’île et que les entreprises nord-américaines ne peuvent ni faire des affaires, ni investir, ni réaliser des bénéfices à Cuba, parce que Washington ne leur permet pas de le faire.
« Les Cubains qui vivent aux États-Unis ne se rendent pas à Cuba, n’entretiennent pas de relations avec leur famille et ne font pas d’affaires sur l’île en raison de la politique de menaces et d’intimidation qui existe contre eux aux États-Unis. Un dialogue permettrait de lever toutes ces interdictions, » a-t-il expliqué.
Fernández de Cossío a déclaré que « ce qui se passe maintenant avec le carburant n’a pas commencé à ce moment-là », car en 2019 Washington a lancé une politique visant à « menacer de sanctionner les entreprises de transport, d’assurance, de réassurance et même les ports qui participent au transport du pétrole brut vers Cuba ».
« La nouveauté de la mesure du 29 janvier est qu’elle menace les pays qui exportent du carburant vers notre pays de représailles économiques commerciales », a-t-il déclaré en référence à l’ordre exécutif signé ce jour-là par Trump.
Selon lui, cela a des implications à deux égards : sur l’impact sur la population cubaine, cruel et très nuisible, et sur l’impact global.
« La détermination de Washington à dire au reste du monde s’ils peuvent ou non vendre du pétrole à Cuba signifie qu’il limite la souveraineté de ces nations », a souligné le vice-ministre, qui a mis en garde sur le fait que « ce qui se passe avec Cuba aujourd’hui peut arriver à n’importe quel pays, sans limite ».
Fernández de Cossío a par ailleurs souligné que le Mexique joue un rôle très important dans ses relations amicales et ses actions solidaires avec la plus grande des Antilles.
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