Agence de Presse de l'Amérique Latine

Trump refuse de certifier que l'Iran respecte l'accord nucléaire

Washington, 13 octobre (Prensa Latina) Lors de l'annonce d'une nouvelle stratégie envers l'Iran, le président étasunien, Donald Trump, a aujourd'hui refuser de confirmer que le pays perse respecte l'accord nucléaire conclu en 2015 avec six puissances mondiales.


Le mandataire, qui a qualifié ce pacte de désastreux depuis sa campagne en tant que candidat républicain, a demandé à son administration de travailler avec le congrès pour réparer les défauts qu'a, selon lui, le mécanisme.

Selon Trump, si un arrangement n'est pas trouvé avec le législatif et les alliés du pays, il pourrait du coup considéré le Plan Intégral d'Action Conjointe (Jcpoa, pour ses sigles en anglais) comme terminé, alors que le reste des signataires (Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) le considère effectif.

La décision du président nord-américain de revoir cet accord a lieu une semaine après que la porte-parole de l'Union Européenne (UE), Catherine Ray, ait insisté sur le fait que « ce pacte est une solution durable sur le long terme au sujet du nucléaire iranien », et qu'il est « reconnu par le Conseil de Sécurité qu'il fonctionne ».

En conférence de presse, Ray a rappelé que la haute représentante pour la Politique Extérieure de l'UE, Frederica Mogherini, a clairement exprimé le fait que « l'accord ne peut être renégocier ».

Après s'être vanté, il y a deux jours, de « l'immense capacité nucléaire » de son pays, et avoir ajouté qu'il souhaite la « moderniser » et la « rénover », le mandataire républicain a signalé qu'une série de mesures serait prise pour s'assurer que l'Iran « n'obtiendra jamais une arme nucléaire ».

Selon lui, la mise en œuvre de cette stratégie inclut de nouvelles sanctions à l'encontre du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI), division d'élite de l'armée iranienne que le chef de la Maison Blanche accuse de « soutenir le terrorisme ».

« J'autorise le Département du Trésor a sanctionner davantage le CGRI, et à appliquer des restrictions à ses fonctionnaires, agents et affiliés », s'est-il exprimé lors de la présentation de sa feuille de route.

« J'exhorte nos alliés à s'unir à nous pour prendre des mesures énergiques dans le but de freiner le comportement constamment dangereux et déstabilisateur de l'Iran, y compris par des mesures minutieuses, en dehors de l'accord, qui ciblent le programme de missiles balistiques », a-t-il ajouté.

Le refus de Trump de certifier le respect du traité de la part de l'Iran, ce qu'il doit confirmer au Congrès tous les 90 jours et qu'il avait validé à deux reprises, donne maintenant 60 jours au législatif pour prendre des décisions quant aux problèmes que Trump voit dans le Jcpoa, et alors évaluer le renouvellement des sanctions qui avaient été levées lorsque l'accord a été signé.

Cette annonce a lieu alors que le secrétaire d'État nord-américain, Rex Tillerson, reconnaît que Téhéran « respecte techniquement ce qui est stipulé dans l'accord ».

Pour justifier cette mesure, Washington insiste sur le fait que « l'Iran ne respecte pas l'esprit » du Jcpoa, tout en soulignant la menace que représente la nation perse pour ses intérêts dans la région.

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