Agence de Presse de l'Amérique Latine

Serbie : l´impact du suicide du général croate à La Haye

Belgrade, 1er décembre (Prensa Latina) Le président de Serbie, Aleksandar Vucic, a attiré l´attention sur le deux poids deux mesures au sein de l´Union Européenne (UE) en faisant référence au suicide d´un détenu croate au Tribunal Pénal International pour l´ex-Yougoslavie (TPIY).


Le général croate Slobodan Praljak s´est empoisonné en écoutant le verdict qui le condamnait à 25 ans de prison pour des crimes contre la population musulmane bosnienne en 1993.

Ce fait a provoqué des réactions diverses dans la région, notamment en comparaison à celles d´il y a une semaine lors de la condamnation à perpétuité du général serbe Ratko Mladic.

Vucic a vu une double morale dans l´approche différente des deux faits, alors qu´en raison « des décisions de La Haye l´accent est mis sur la culpabilité unique de la Serbie et des serbes lors des conflits belliqueux dans la région en conséquence du démantèlement de la Yougoslavie ».

Interrogé à ce sujet lors d´une cérémonie, il a noté que « pour le moment aucune personne n´a été jugée pour la mort et la disparition de milliers de citoyens serbes durant ces guerres ».

Quant aux réactions des autorités de Zagreb, où le parlement a tenu une minute de silence pour le décès de Praljak et le verdict a été rejeté, il a fait remarqué que son « pays est toujours disponible pour dialoguer avec la Croatie sur des termes d´équité, mais jamais avec ceux qui prétendent humilier la Serbie ».  

« Les dirigeants serbes sont tournés vers le futur, sans mettre de côté le passé et ses thèmes complexes, ni arrêter d´être respectueux envers les victimes, ce sont nos positions. Mais si l´on observe les réactions dans d´autres parties de la région on voit que personne ne parle ni mentionne le futur », a-t-il souligné.

Il a fait part de sa surprise et de son dégoût en lisant qu´au sujet de ce qu´il s´est passé à La Haye « beaucoup d´hommes politiques de la région ont insisté pour mentionner la Serbie et l´immiscer dans cette affaire, comme une obsession ».

« Nous avons espoir en ce que les gens comprennent que nous devons vivre ensemble et ainsi regarder vers le futur ; même si le fait que nous réussissions ou non c´est encore une autre affaire », s´est-il exprimé pour réitérer la disponibilité de Belgrade à dialoguer mais sur un pied d´égalité et sans humiliation.

« Il y a en a assez de gifler la Serbie », s´est-il exclamé avant de rappeler que c´est un pays de personnes fières et que l´on ne peut se permettre de l´offenser, y compris la Croatie.

En commentant ce qu´il s´est passé à La Haye, la présidente croate, Kolinda Grabar Kitarovic, a exprimé ses condoléances à la famille du décédé et a ajouté que le verdict à son encontre, tout comme pour d´autres militaires se son pays, « ne peut être interprété comme une condamnation de la Croatie, car elle n´a agressé personne, elle a seulement fait face à la Grande Serbie ».

Vucic a confirmé sa disponibilité permanente à dialoguer avec elle « au sujet des croates disparus, mais également au sujet des serbes disparus, qui sont beaucoup plus nombreux et dont on ne parle pas ».

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