Agence de Presse de l'Amérique Latine

Rafael Correa dénonce des irrégularités dans l´affaire du vice-président équatorien

Par Nubia Piqueras Grosso

Panama, 14 décembre (Prensa Latina) L´ancien président de l´Équateur, Rafael Correa, a aujourd´hui qualifié la condamnation à six ans de prison dictée contre le vice-président de son pays, Jorge Glas, pour le délit d´association illicite de « vulgaire » et de « cruelle persécution ».


Lors de déclarations à la presse, Correa a exprimé le fait que « le monde doit réagir face à cette aberration juridique car il est innocent, il n´y a aucune preuve qui l´impute ; et pour augmenter la peine ils ont utilisé un vieux code pénal qui n´est plus en vigueur ».

Il a considéré qu´ « avec l´actuel (code pénal), ils pouvaient lui commuer ou suspendre la peine, qui oscille entre trois et cinq ans, et ensuite retrouver son poste de vice-président ».

Puis il a précisé que le « délit duquel il est accusé n´induit même pas la prison préventive, mais ils ont ordonné cette mesure illégale et abusive pour pouvoir déclarer l´abandon de la vice-présidence ».

« Tout ceci est une persécution politique destinée à s´emparer illégitimement et anti-démocratiquement de la vice-présidence de la République », a-t-il souligné.

Face à la possibilité qu´il soit lui-même jugé, Correa a affirmé que « nous pouvons tous être victime de ces injustices, car ils sont en train de créer toutes les conditions pour développer la judiciarisation de la politique : la nouvelle forme de poursuivre les leaders progressistes d´Amérique Latine ».

« C´est pour cela qu´il font une consultation populaire, par laquelle ils s´empareront (si elle est adoptée) de toutes les fonctions de l´État, parmi lesquelles les autorités de contrôle pour qu´ils nous poursuivent », situation qu´il a qualifié d´anticonstitutionnelle.

L´ex-mandataire a également affirmé qu´il « y a actuellement en Équateur une grave altération de l´ordre démocratique ».

Quant à la situation que vivent d´autres leaders progressistes de la région comme Cristina Fernandez, Luiz Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff, il a assuré qu´il s´agit « d´une stratégie régionale qui cherche à détruire la réputation des personnes et à leur faire perdre le soutien populaire par le biais du bombardement médiatique ».

« L´Amérique Latine doit s´assoir pour discuter de la judiciarisation de la politique lors des différents forums, car ces choses ne peuvent pas être permises », a-t-il conclu en qualifiant ce qui est arrivé au Brésil avec Dilma Rousseff de coup d´État.

L´ancien président équatorien, qui se trouve au Panama pour des raisons personnelles, a profité de l´occasion pour dénoncer ce qu´il se passe dans son pays et s´entretenir avec certains présidents de la région ici présents dans le cadre du Sommet des chefs d´État et de Gouvernement du Système d´Intégration Centre-Américaine.

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