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"Sans Lula aux élections, le Brésil se trouvera coincé entre la peur est la terreur »

Brasilia, 13 avril  (Prensa Latina)  Si l’ex-président Luiz Ignácio da Silva est empêché de participer aux élections, le Brésil de trouvera face à un combat suicidaire entre la peur et la terreur, a mis aujourd’hui en garde l’ancien ministre Nelson Barbosa.


Le pays se trouve plongé dans une conjoncture complexe que l’on peut présenter de manière suivante: en l’absence de centre-gauche comme option électorale, le centre-droit devra rivaliser contre la terreur de l’extrême-droite afin de conquérir un espace politique, écrit l’ancien ministre.

À ce sujet, poursuit Barbosa, si Lula est maintenu en prison et si on l’empêche de se présenter aux élections jusqu’au mois d’octobre, « tout indique, qu’une fois de plus, au lieu d’avoir à choisir entre l’espérance et la peur, nous assisterons à une lutte suicidaire entre la peur et la terreur ».

Le problème -insiste-t-il, dans un commentaire publié dans le quotidien Folha de Sao Paulo- est que sans candidat de centre-gauche, le centre-droit aura pour opposant l’extrême-droite et sa politique de terreur; ce qui tendrait à prouver l’idée que le Brésil, une fois de plus, est incapable de faire autre chose que restreindre les libertés individuelles et accentuer les inégalités et la violence contre les plus pauvres.

D’autre part, Emir Sader, l’un des analystes politiques brésiliens les plus réputés, a prévenu que si l’on maintient Lula en prison et qu’on l’empêche de figurer parmi les présidentiables, « le processus politique sera émasculé ».

Aucun autre candidat n’a la force indispensable pour tenir tête à l’offensive brutale contre la démocratie, contre les droits de la grande majorité de la population et contre la souveraineté populaire, remarque-t-il.

Nader ajoute également, dans un commentaire pour le quotidien digital Brasil 247, que la droite brésilienne « a réussi à renverser la situation politique de manière violente et brutale ». Elle a fait tomber une présidente réélue (Dilma Rousseff) et a mis Lula en prison.

« Personne ne peut garantir qu’il ne se trouvera pas dans ce même type de situation, qu’il appartienne à une partie ou une autre de l’échiquier politique », a-t-il mis en garde avant de mentionner le candidat présidentiel Ciro Gomez qui -à son avis- est en train de commettre une erreur irréparable en plaçant sa candidature - semble-t-il-  au-dessus de la lutte pour les droits de Lula.

L’avenir des forces démocratique au Brésil, tant celui des partis politiques que celui des organisations sociales, se joue en ce moment à travers le destin de Lula, affirme Sader.

Dans un article publié ici et allant dans le même sens, la présidente du Conseil Mondial de la Paz, Socorro Gomez, est d’avis que les temps présents sont une époque de grands défis qui nécessitent une mobilisation de tous pour lutter contre l’agressivité des forces réactionnaires qui cherchent à ramener le Brésil à son passé de soumission, de privilèges, d’exploitation et d’oppression.

Le contexte brésilien actuel, dit-elle,  rappelle une époque où régnait la stratégie impérialiste que le mouvement international pour la paix dénonce depuis des décades. Ce « changement de régime », comme ils l’appellent, un changement qui s’impose à travers une ingérence directe ou indirecte, fait partie d’une poussée mondiale des conservatismes contre laquelle les peuples et les forces progressistes résistent et s’opposen de toute leur force et de toute leur volonté.

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