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Journée de lutte et de deuil au Brésil après l’assassinat de de Marielle Franco

Brasilia, 14 avril (Prensa Latina)  Le Brésil vivra aujourd’hui une journée de lutte et de deuil pour commémorer la brutale exécution par balles, il ya un mois, à Rio de Janeiro, de Marielle Franco, conseillère municipale et militante de premier plan pour la défense des droits de l’homme.


L’idée derrière cette manifestation est que, dès le lever du soleil, cette journée soit transformée en une grande aube par tous les gens qui veulent honorer le travail et la mémoire de Marielle Franco et d’Anderson Gomes (le chauffeur assassiné à ses côtés), a déclaré la conseillère en communication parlementaire, Luna Costa. Cette journée du 14 mars 2018, date de l’assassinat, sera commémoré dans plus de 110 endroits dans une dizaine de pays, a-t-elle ajouté.

Une assemblée plénière est prévue à 9:00 (heure locale) à Rio. Elle aura pour mot d'ordre « Démocratie! Liberté pour Lula! Marielle, tu es toujours à nos côtés! »,et marquera le début des activités commémoratives, comme l’a indiqué la veille le journal Brasi de Fato.

Cette rencontre, a-t-elle aussi ajouté, comptera sur la présence de représentants du Mandat Populaire qui débattront sur le thème de la lutte contre le racisme et sur l’intervention des forces militaires fédérales à Rio de Janeiro.

En plus de revendiquer que justice soit faite dans le cas de Marielle et Anderson, les manifestations de la journée réclameront la libération de l’ex-président du Brésil, Luis Inácio Lula da Silva, qui se trouve emprisonné à Curita depuis plus d’une semaine pour raisons politiques. On dénoncera également le génocide des jeunes noirs et l’intolérance religieuse dans le pays.

A Sao Paulo, par contre, la manifestation se tiendra à 16:00 (heure locale) dans l’espace libre du musée des Arts de Sao Paulo (MASP). Elle sera organisée par la communauté virtuelle Contre le génocide Noir, qui promeut depuis le 31 mars dernier la campagne « #30DiasPorMarielle ».

Cette campagne sert à dénoncer un génocide touchant le décès d’une population pauvre et en grande partie noire, nous a expliqué Katia Oliveira, membre du collectif Kilombagem.

Ce que nous voulons, c’est dénoncer un État absent de toutes les politiques publiques mais toujours présent lorsqu’il faut défendre "la sécurité publique" et qui n’est intéressé que par une justice sélective à l’intérieur d’une logique de militarisation.

Auparavant, tôt le matin, l’amphithéâtre de Géographie de l’Université de Sao Paolo (USP), sera le  siège de deux importants événements qui traiteront aussi des droits de l’homme et de la communauté noire.

Afin de rendre hommage à des personnes et des organisations s’étant distinguées dans la lutte contre le racisme, le machisme et l’homophobie, un collectif de jeunes et d’adultes résidant dans des régions excentrées du Brésil décernera le premier Prix Marielle Franco pour les Droits de l’Homme et l’Éducation Populaire.

Finalement, on pourra assister à une grande conférence sur la citoyenneté dont le thème précis sera: « 130 années après: l’éducation et les droits de l’homme dans la vie du peuple noir brésilien » et à laquelle participeront des étudiants de dizaines de cours communautaires de l´UNEafro.

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