Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le leader sécessionniste catalan, Oriol Junqueras, rejette les accusations de la justice espagnole

Madrid, 16 avril (Prensa Latina) L’ex-vice-président de Catalogne, Oriol Junqueras, emprisonné depuis plus de cinq mois, a aujourd’hui défendu la légalité du référendum sécessionniste qui s’est tenu en octobre dans cette région espagnole, référendum qui était interdit à l’avance par le Tribunal Constitutionnel.


Lors d’une apparition concernant  l’enquête en cours devant le juge du Tribunal Suprême, Pablo Llarena (celui-là même qui a initié les poursuites contre Junqueras pour le rôle que ce dernier a tenu dans la déclaration d’indépendance unilatérale su 27 octobre), Junqueras a soutenu que convoquer les citoyens à une consultation n’est nullement un délit.

Ce politicien séparatiste a également nié que des fonds publics aient pu être destinés à l’organisation du référendum sur l’auto-détermination dans lequel plus de deux millions de personnes se sont prononcées en faveur de la sécession de cette communauté autonome de 7,5 millions d’habitants.

« Pas un seul centime provenant des impôts  n’a été utilisé dans ce référendum », a assuré Junqueras durant cette convocation qui s’est tenue lundi matin devant le haut tribunal où on devait lui communiquer les faits qui lui sont reprochés et qui incluent les délits de rébellion et de malversation de fonds publics.

Par contre,  Junqueras trouve inadmissible la violence policière qui s’est déchainée le 1er octobre (date du référendum), car, à son avis, il était tout-à-fait inadéquat de réprimer un vote populaire aussi massif par la force et de le faire de manière si injustement disproportionnée.

Ce dirigeant de l’ERC, réélu au parlement catalan lors des élections du 21 décembre dernier, a affirmé que la procédure judiciaire tente maintenant d’annuler le mouvement populaire qui faisait alors valoir ses droits ainsi que ceux de tous les gens ayant participé au vote.

Le conflit en Catalogne est avant tout politique, a-t-il insisté; en tant que tel, sa solution doit être recherchée dans la sphère politique, et non par  des tribunaux, a-t-il dit, faisant ainsi clairement référence à la judiciarisation de la pire crise institutionnelle qu’a connue la  démocratie espagnole depuis presque quarante ans.

Défendrel’indépendance et la promouvoir sont des actes entièrement légaux, a conclu l’ex-vice-président, après avoir défendu le droit à l’autodétermination de cette prospère région du nord-ouest de l’Espagne.

En prison préventive depuis presque deux mois, Junqueras - l’une des figures les plus proéminentes de l’indépendantisme - risque la perte de ses droits, et entre huit et dix ans d’incarcération s’il est reconnu coupable d’avoir utilisé des fonds publics à des fins électorales  jugées illégales par le Tribunal Constitutionnel.

Si, en outre, il est reconnu coupable de rébellion, il pourrait être condamné à 30 ans de réclusion lors du procès qui le verra assis, en compagnie des principaux dirigeants du séparatisme catalan, sur le banc des accusés.

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