Agence de Presse de l'Amérique Latine

Selon Evo Morales, les indigènes doivent passer de la résistance au pouvoir

Nations Unies, 17 avril (Prensa Latina) Le président de la Bolivie, Evo Morales, a hier appelé  les mouvements indigènes du monde entier  à se déplacer de la résistance au pouvoir afin de garantir leur participation au gouvernement de leur pays et à la prise des décisions.


Lors de son intervention au Forum Permanent de l’ONU pour les Questions Indigènes, le chef d’État bolivien -lui-même d’ascendance aymara - a déclaré avec force : « Nous devons nous gouverner nous-mêmes! ».

On dit que le mouvement indigène est en danger, mais la vie elle-même et toute l’humanité sont aussi en danger si les politiques capitalistes qui détruisent la terre continuent, a-t-il alerté.

Nous sommes tous les fils de la Mère Terre, nous sommes donc tous sœurs et frères, mais certains, en Occident, ne le comprennent pas et nous regardent avec mépris, a-t-il constaté.

Mais le mouvement indigène est partout présent sur la planète, malgré les politiques d’extermination des temps passés qui ont essayé de détruire notre identité, a-t-il souligné.

C’est pourquoi  Evo Morales demande maintenant aux indigènes de se libérer des diktats qu’on leur impose, de ne pas se soumettre à la domination extérieure, ni à la Banque Mondiale, ni au Fond Monétaire International. L’exemple de la Bolivie prouve que nous pouvons nous en passer et que nous ne nous en portons que mieux, a-t-il déclaré.

Les politiques orientées vers l’accumulation du capital en peu de mains ne respectent pas la Mère Terre. Elle ne peut pas être traitée comme une marchandise, ni continuer à être humiliée par le capitalisme, a insisté le chef de l’Etat bolivien.

Nous devons garantir le droit à la vie de la Mère Terre et sauver ainsi l’avenir des prochaines générations, a-t-il ajouté.

Les stratégies de l’armement ne font que nous mener au génocide. Comment est-il possible que certains pays impulsent des interventions et des attaques militaires qui ne font qu’empirer la situation et détruire la paix, questionne-t-il.

Il ya 70 ans, les nations du monde ont reconnu que les êtres humains avaient des droits fondamentaux qui devaient être respectés. Maintenant, nous demande Evo Morales, il s’agit de défendre les droits de la Mère Terre.

« Notre lutte n’est pas seulement la lutte du mouvement indigène, c’est aussi une lutte pour tous les êtres humains qui habitent cette planète. C’est ce qu’ont fait nos ancêtres. C’est maintenant notre tour de le faire. »

Nous, les indigènes, avons été les protagonistes de 500 ans de résistance. Maintenant, notre responsabilité est différente: nous devons nous organiser socialement, communalement pour retrouver le pouvoir politique, a-t-il indiqué.

Il s’est donc montré satisfait que les peuples autochtones soient enfin parvenus jusqu’aux Nations-Unies, non seulement pour exiger des revendications mais aussi pour défendre le droit à la vie.

Morales a, en outre, proposé de changer le nom du forum car il ne s’agit pas seulement de traiter de « questions indigènes comme si cela ne concernait qu’une minorité de gens », mais bien de défendre le droit à la vie ». À son avis, le nom de « Forum pour  la Défense du Droit des Peuples Indigènes » serait plus approprié, proposition que les participants ont accueillie par des acclamations et des applaudissements.

Le Forum Permanent de l’ONU pour les Questions Indigènes se tiendra du 16 au 27 avril au siège des Nations Unies à New York en présence d´activistes, de dirigeants et experts de divers pays. Evo Morales est le seul Président qui assiste à cet évènement.

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