Agence de Presse de l'Amérique Latine

La suspension indéfinie du dialogue génère l'incertitude au Nicaragua

Par Alberto Corona

Managua 1er juin (Prensa Latina)La suspension pour une période indéfinie du dialogue national au Nicaragua est source d'incertitude pour une grande partie de la population qui considère ce mécanisme comme l'unique moyen de rétablir l'ordre et la paix dans le pays.


De manière unilatérale, la Conférence Episcopale, médiateur et témoin de ce processus, à décidé de suspendre les conversations en raison des dernières violences dont elle rend les partisans du gouvernement responsables malgré que l'Exécutif ait récusé à plusieurs reprises ces accusations.

D'après la hiérarchie catholique, les conditions requises pour lancer un nouvel appel au dialogue seront inexistantes tant que l'opposition misera sur le maintien des blocages de routes pour augmenter sa pression sur l'Exécutif.

De même, la veille, le gouvernement a dénoncé la situation de violence causée par des délinquants soutenus par les groupes politiques d'opposition qui suivent des plans bien spécifiques, ce qui constitue un délit de conspiration et viole la Constitution.

Dans un communiqué rendu public par le chancelier Denis Moncada, le gouvernement de réconciliation et d'unité nationale soutient que ces groupes de délinquants ont l'intention de continuer à s'en prendre à la sécurité et à la vie des familles du Nicaragua.

Il a également signifié au peuple nicaraguayen et à la communauté internationale que le gouvernement condamne de tels actes et continue à lutter avec l'ensemble des familles pour contrer par la raison et la loi cette vague de délits et de crimes dont souffre le pays.

Il n'accepte pas les accusations des dits groupes qui, faisant preuve d'une provocation insensée sans précédent dans le pays, accusent le gouvernement d' «attaques» imaginaires afin d'augmenter le décompte des victimes et culpabiliser les institutions qui tentent de maintenir l'ordre public.

D'autre part, il a condamné toutes les campagnes diffamatoires menés par cette conspiration qui prétend remettre le pays aux mains de la délinquance et du crime organisé en utilisant l'intimidation, la peur, les menaces et la terreur.

Le gouvernement a également dénoncé les crimes commis depuis le 18 avril dernier et a rejeté toute implication dans cette violence.

Il fera donc son devoir, a affirmé le chancelier de manière catégorique, pour éviter que le sang soit à nouveau versé et pour mettre fin a ces affrontements fratricides et ces montages calomnieux qui montrent chaque jour davantage qui est derrière cette action dont le but est de faire régner le chaos.

«Le gouvernement de réconciliation nationale continuera à dénoncer inlassablement ces crimes abjects et à rejeter catégoriquement toutes ces accusations sans preuve ni fondement», a-t-il déclaré.

Il a également assuré qu'il n'existe pas, au Nicaragua, de troupes de choc ou de groupes paramilitaires à la solde de l'Exécutif et qu'il ne peut donc accepter qu'on puisse lui faire endosser la responsabilité d'événements douloureux et tragiques qu'il n'a pas provoqués et qu'il ne provoquera jamais.

D'un autre côté, ce communiqué rappelle que le président de la République condamne de la manière la plus ferme cette conspiration menés par des délinquants et réaffirme avec la plus grande force que le seul chemin pour rétablir la paix reste le dialogue, l'établissement de la vérité et la recherche des solutions qu'exige le peuple.

«Nous redemandons donc aux autorités qui coordonnent cet effort de dialogue national de lancer un appel au calme et à l'arrête de toute violence afi de pouvoir continuer à travaille pour la sécurité, la justice et la paix», a-t-il déclaré.

Pour cette raison, le gouvernement a hier confirmé la résignation du président du Conseil Suprême Electoral (CSE), Roberto Rivas, et a affirmé être prêt à respecter les décisions que, conformément à la loi, l'Assemblée Nationale adoptera.

Le Secrétariat Général de l'Organisation des Etats Américains (OEA) considère que cette dernière décision est un premier pas vers le rétablissement de la confiance et du consensus démocratique, a fait savoir un communiqué commun élaboré par cette organisation et le ministre des Affaires Etrangères.

Ce document rappelle qu'il est de notoriété publique que, dans le cadre des travaux en cours entre l'OEA et le gouvernement nicaraguayen, l'une des priorités est la réforme du système électoral et la mise en place des mécanismes nécessaires pour ce faire.

Le Secrétariat Général de l'OEA et le gouvernement travaillent ensemble aux ajustements nécessaires à la nouvelle configuration et composition du CSE, qui servirait de support institutionnel pouvant garantir des élections libres, justes, démocratiques et transparentes.

Depuis le 18 avril dernier, le Nicaragua est submergé par une vague de violence qui a débuté lorsque les manifestations contre les réformes de la sécurité sociale proposées par le gouvernement, réformes par la suite retirées, ont dégénéré en affrontements violents accompagnés d'actes de vandalisme.

Selon les observateurs, ces réformes ont servi de prétexte pour mettre en marche un plan orchestré de l'extérieur et dont l'objectif est de déstabiliser le pays et provoquer le renversement du gouvernement présidé par Daniel Ortega.

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