Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le gouvernement sécessionniste catalan négligera dorénavant la monarchie espagnole

Madrid,  22 juin (Prensa Latina) Le Président de Catalogne, QuimTorra, a aujourd’hui remis en cause l’actuation du roi Philippe VI concernant le processus sécessionniste amorcé par Barcelone et il a fait savoir que la rupture des relations entre son gouvernement et la monarchie espagnole était dorénavant  effective.


Dans une déclaration institutionnelle, le président séparatiste a déclaré que son gouvernement n’inviterait plus le monarque aux événements officiels organisés par cette communauté autonome du nord-est de l’Espagne et refuserait également d’assister aux convocations émanant de la Maison Royale.

“La Catalogne vit une situation exceptionnellement grave et nous ne désirons pas particulièrement être pris en photo en compagnie de personnes qui cautionnent  et encouragent la répression”, a expliqué Torra, faisant allusion aux prises de position de Phippe VI pendant le conflit territorial.

Il a affirmé que sa région traversait un moment extrêmement critique car “des centaines de personnes sont  actuellement poursuivies en raison de leur idéologie”.

Il a rappelé que neuf personnalités politiques indépendantistes se trouvaient en ce moment en prison et sept autres étaient obligés de vivre en exil en raison d’accusations  instruites par le Tribunal Suprême du pays contre les responsables de la tentative de sécession avortée par cette prospère région de plus de 7,5 millions d’habitants.

Lors de cette déclaration faite à Barcelone, Torra a placé le monarque parmi les principaux responsables de la situation anormale dans laquelle vit la Catalogne, en particulier à cause de son rôle dans les événements ayant suivi le référendum sur l’autodétermination du 1er Octobre dernier, référendum que la justice espagnole considère comme illégal.

Deux jours après cette consultation, qui culmina par une déclaration unilatérale d’indépendance, approuvée par le parlement catalan le 27 octobre, Philippe VI, dans un discours télévisé, ne fit aucune référence aux blessés victimes des charges policières contre les personnes se rendant aux urnes.

Durant son allocution, le roi, qui est également le chef de l’État, accusa les dirigeants catalans de manque de loyauté et demanda au gouvernement espagnol de l’époque, à la tête duquel se trouvait le conservateur Mariano Rajoy, de prendre les mesures nécessaires pour garantir l’ordre constitutionnel.

De l’avis de Torra, ce message à la nation prononcé par le monarque le 3 octobre 2017, a offert une “couverture politique” à ce qu’il qualifie de répression et de violence policière contre de nombreuses personnes qui participaient à la consultation et dont les images ont fait le tour du monde.

Malgré cette rupture des liens avec la monarchie, le président autonomiste a confirmé sa présence à l’inauguration des jeux Olympiques de la Méditerranée, vendredi prochain, dans la ville catalane de Tarragona.

Cet événement sportif est une sorte de mini-olympiade à laquelle participent les pays riverains de la Méditerranée et, ces derniers jours, la rumeur avait circulé sur une éventuelle absence du gouvernant  de la région qui aurait pu  laisser le roi bien embarrassé lors de cette cérémonie inaugurale. Mais, à l’évidence, ce ne sera pas le cas.

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