Agence de Presse de l'Amérique Latine

L´intromission d´un chef militaire brésilien dans l´affaire Lula est répudiée

Brasilia, 12 novembre (Prensa Latina) Le Parti des Travailleurs (PT) du Brésil a aujourd´hui répudié les déclarations du commandant de l´Armée, le général Eduardo Villas Boas, lequel est intervenu pour empêcher la justice de concéder un habeas corpus à l´ancien président Luis Inacio Lula da Silva.


Lors d´un récent entretien publié par le quotidien Folha de Sao Paulo, le chef de l´Armée a reconnu avoir personnellement fait pression pour éviter que Tribunal Suprême Fédéral (STF) octroie un recours en faveur de la liberté de Lula, emprisonné depuis sept mois pour de supposés actes de corruption.

L´habeas corpus a finalement été rejeté par le STF et l´ex-dirigeant ouvrier a alors été incarcéré, le 7 avril dernier, sur ordre du juge Sergio Moro, lequel a été annoncé il y a deux semaines comme futur ministre de la Justice et de la Sécurité Publique du cabinet du président d´extrême-droite élu, JairBolsonaro.

« En affirmant (Villas Boas) que, selon lui, la liberté de Lula serait motif d´instabilité, le général confirme que la condamnation à l´encontre du plus important leader politique du pays a été une opération justement purement politique, et ce dans le but d´empêcher qu´il soit à nouveau élu président de la République », dénonce le PT dans une note diffusée par le site internet Brasil 247.

Il y est indiqué qu´il est maintenant démontré que « non seulement le système judiciaire, lié au juge Sergio Moro, la RedGlobo (plus important groupe de médias du pays), ainsi que les autres grands médias de communication, ont participé à cette opération arbitraire et anti-démocratique, mais également la plus haute hiérarchie des Forces Armées ».

Selon le communiqué, ce commandant veut politiser les Forces Armées, « sa confession compromet les commandements militaires et les implique dans ce coup (porté contre Lula); elle prouve également qu´ils exercent de fait une tutelle inconstitutionnelle sur les institutions et qu´ils jouent y compris avec la liberté d´un citoyen injustement condamné ».

Le PT, dont Lula est l´un des fondateurs, estime que l´entretien « de Villas Boas comprometla hiérarchie des Forces Armées avecla vision autoritaire du processus politique de JairBolsonaro, lequel profère de graves menaces contre l´opposition par des déclarations et des textes qui circulent sur les réseaux sociaux ».

Le mouvement politique exhorte finalement les « forces démocratiques du pays à répudier et dénoncer l´usurpation confessée par le général Villas Boas », puis à « défendre la démocratie des menaces de Bolsonaro ».

« La tyrannie n´a pas de limites une fois qu´elle s´installe », est-il mis en garde.

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