Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les États-Unis parlent d´étendre l´accès Internet à Cuba, alors qu´ils bloquent le pays depuis plus d´un demi-siècle

Washington, 10 décembre (Prensa Latina) Le Groupe de Travail sur Internet à Cuba étasunien, créé sans le consentement de l´île, proposera des recommandations pour "étendre l´accès" à ce réseau dans un pays où a précisément débuté jeudi dernier la navigation grâce aux données cellulaires.


Ce groupe a réalisé, jeudi dernier, sa seconde réunion au siège du Département d´État, dans la continuité de la première rencontre effectuée le 7 février dernier, avec l´objectif invoqué d´ "aider le peuple à profiter d´un flux d´information libre et non régulé". 

Lors de la rencontre initiale, la structure, qui est dénoncée par le Gouvernement du pays caribéen pour son caractère subversif, a informé qu´elle créerait deux sous-comités: l´un pour "explorer le rôle des médias de communication et la liberté d´information" dans la nation antillaise, et l´autre pour "explorer l´accès à Internet".

Dans un communiqué diffusé ce même jeudi dernier, le Département d´État a indiqué que, dans le cadre de cette seconde réunion, le groupe de travail "s´est mis d´accord pour préparer un rapport final avec des recommandations pour le Secrétariat d État et le président", lequel sera disponible en mai 2019.

La déclaration rappelle que cette entité est présidée par le sous-secrétaire adjoint intérimaire pour les Affaires de l´Hémisphère Occidental, Dale Eppler, et qu´elle est intégrée, entre autres, et en plus du Département d´État, par l´Office des Transmissions à Cuba, laquelle opère les Radio et TV Marti et l´Agence des États-Unis pour le Développement International.

Il y est de plus précisé que le groupe correspond à ce qui est stipulé dans le Mémorandum Présidentiel de Sécurité Nationale émis par Donald Trump le 16 juin 2017 à Miami, en Floride.

Ce jour-là, entouré de membres de l´extrême-droite d´origine cubaine, le chef de la Maison Blanche a annoncé un changement de politique envers la plus grande des Antilles dans le but de renforcer l´embargo et de limiter les voyages entre les deux pays, et ce malgré les appels de nombreux secteurs favorables et intéressés par un rapprochement entre les deux pays.

Après que le Gouvernement étasunien ait annoncé qu´il créerait ce groupe, le Ministère des Relations Extérieures de Cuba a remis une note diplomatique à Lawrence Gumbiner, alors chargé d´affaires de l´ambassade nord-américaine à La Havane.

Dans ce texte, la chancellerie a fait part de son énergique protestation quant à la prétention de Washington de "violer de manière flagrante la souveraineté cubaine, en ce qui concerne la compétence nationale pour réguler les flux d´information et l´usage des médias de diffusion massive".

Il y est également rejeté la tentative de manipuler Internet "pour mener à bien des programmes illégaux aux fins politiques et de subversion, et ce dans le cadre de leurs actions (des États-Unis) destinées à altérer ou changer l´ordre constitutionnel".

La note demande nouvellement au Gouvernement étasunien qu´il cesse ses actions subversives, d´ingérence et illégales à l´encontre de Cuba, et l´exhorte à respecter la souveraineté de l´île, le Droit International et les principes de la Charte de Nations Unies.

Alors que Washington présente ce groupe de travail comme une tentative d´aider le peuple cubain, la nation caribéenne a dénoncé le fait que l´embargo imposé par les États-Unis il y a plus de 55 ans empêche le libre accès depuis Cuba à des contenus du réseau Internet.

Dans le rapport annuel sur les dommages de ce blocus économique, commercial et financier, Cuba indique  entre autre que cette politique rend impossible le droit aux libertés exprimées et acceptées par les auteurs qui publient des softwares sous la License Publique Générale (GNU-GPL).

Cette affectation se matérialise par la négation d´accès au service, ou de téléchargement d´information, une fois qu´est reconnue que le lien se réalise depuis adresse internet (IP) attribuée au domaine cubain ".cu", est-il expliqué dans le document.

Malgré ce dernier et bien d´autres obstacles liés à un embargo que l´administration Trump insiste à maintenir, l´Entreprise de Télécommunications de Cuba commercialise depuis jeudi dernier l´Internet par le biais des données cellulaires.

La nouvelle modalité d´accès fait partie du Programme d´Informatisation de la société cubaine, qui se met en place petit à petit depuis 2013. Selon des données officielles, sur le territoire insulaire il y a 670 salles de navigation, plus de mille 200 zones wifi et 5,3 millions de lignes de téléphone portable. 
 
Cinq millions de personnes ont actuellement un accès partiel à Internet depuis des zones de travail ou d´institutions, et selon ce qu´à exprimé le Gouvernement cubain, augmenter l´accès à ce réseau et à la technologie est une priorité.

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