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Après 52 jours, l’ancien vice-président de l’Équateur arrête sa grève de la faim

Quito 12 décembre (Prensa Latina) En raison de l’insistance de ses nombreux amis et coreligionnaires qui lui demandaient de ne pas mettre sa vie en danger, l’ancien vice-président de l’Équateur, Jorge Glas, a mis fin à une grève de la faim qui durait depuis 52 jours.


Sa décision a été rendue publique par un manifeste transcrit par son épouse, Cynthia Diaz, et diffusé sur les réseaux sociaux  sous le titre : “ Ma grève de la faim: un cri silencieux au monde”.

“Plusieurs autorités du gouvernement actuel m’on rendu visite à la prison de Latacunga, tout comme des compagnons, des amis et des parents; tous m’ont demandé d’arrêter ma grève de la faim et je leur ai expliqué que cet acte n’était pas une simple démarche politique; je n’en ai jamais fait un drame; c’est par dignité personnelle que j’ai évité tout entretien et tout communiqué à ce sujet”, a affirmé Glas.

À la suite de cette introduction, Glas explique les détails de tout ce qu’il a vécu depuis le 21 octobre 2018, lorsque des policiers l’ont maltraité, menacé, humilité et sont allés jusqu’à l’empêcher de prendre ses effets personnels et ses médicaments avant son transfert de la Prison 4 de Quito au centre de réhabilitation sociale de Latacunga.

Il a cependant reconnu avoir été traité avec respect par certains fonctionnaires qui se sont même parfois demandés comment il était possible qu’il ait été condamné sans que son nom n’apparaissent même sur les rapports d’expertise.

Une fois à Latacunga, il a malheureusement connu à nouveau des moments dégradants et des conditions de détention vraiment minimales dans la cellule où il était détenu.

“ Une humiliation utilisée comme politique d’État “ assure-t-il, en donnant comme exemple le manque d’eau courante et les conditions hygiéniques insuffisantes.

“Et tout cela, par vengeance, par haine, les policiers se protégeant derrière des instructions reçues et se prêtant  à ce genre d’actes pour être bien vus par le pouvoir en place ou, tout simplement, par haine envers les opprimés”.

“Je ne pourrais jamais généraliser ce type d’attitude à toute la force publique, mais on a bien choisi les personnes à qui l’on commandait de m’humilier”.

"Raison pour laquelle", a-t-il expliqué, "je me suis lancé dans cette grève de la faim, pacifiquement, sans tambours ni trompettes, sans accorder d’entretiens. C’était le meilleur moyen que j’avais pour protester dignement contre l’injustice qui m’était faite”.

"Voilà 14 mois que je suis détenu en prison préventive et je suis innocent; jusqu’à maintenant, ils ont été incapables de trouver des preuves m’incriminant”, a-t-il insisté.

“Que fait la société? Où sont l’ONU et la Commission Internationale des Droits de l’Homme? Où sont les journalistes d’investigation? Où est la morale des médias? Ils se taisent tous sur ce qu’il se passe aujourd’hui ici”.

Tout en répétant qu’il arrête sa grève de la faim après 52 jours, avec un corps affaibli et 15 kilos de moins, il a affirmé fermement qu’il continuera à vivre, qu’il continuera à se révolter contre l’adversité et finira par prouver son innocence.

"Cette Grève de la Faim, je l'avais uniquement entreprise par dignité envers moi-même, un point c’est tout”, a-t-il réitéré avant de préciser que cette décision a été prise deux jours après avoir reçu la visite de ses enfants qui l’ont supplié d’arrêter après qu’il leur ai rappelé la lettre du Che dans laquelle il dit adieu à ses fils.

“Prenant en compte les demandes de ma famille, de mes compagnons et de vous tous, je mets aujourd’hui fin à cette grève de la faim. Je ne veux plus vous causer  de souffrance. Ce qui ne signifie nullement que je renonce à la lutte, ni à mes principes, bien au contraire. Nous sommes parvenus à attirer l’attention du monde sur ce qu’il se passe en Équateur. C’est déjà un premier pas vers ma liberté et vers la justice”, a-t-il insisté.

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