Agence de Presse de l'Amérique Latine

Annexion de terres palestiniennes, un plan évident d´Israël

Par Ibis Frade Brito

Nations Unies, 13 mai (Prensa Latina) Le plan d´Israël en Palestine est maintenant clair, et Tel-Aviv ne tente même plus de l´occulter: le but étant l´annexion de ce territoire occupé et la réduction cette communauté arabe au minimum.


C´est ce qu´ont dénoncé jeudi dernier des conférenciers lors d´une session informelle du Conseil de Sécurité de l´ONU qui a permis la participation de divers acteurs politiques et d´organisations internationales qui ne forment pas partie de cet organe de quinze membres.

Le chancelier palestinien, Riyad al-Maliki, a affirmé qu´Israël est en train de transformer l´occupation temporaire en une annexion permanente, comptant pour cela sur un allié de poids comme les États-Unis.

"Lors des cinq dernières décennies, y compris durant des moments considérés comme des temps de paix, le nombre de colons israéliens a constamment augmenté: lorsque les Accords d´Oslo ont été signés il y a 25 ans, il y en avait 100 mille, et il y en a actuellement plus de 600 mille sur le territoire palestinien occupé", a-t-il signalé.

"Tel-Aviv avait depuis le début un plan avec un objectif clair: s´emparer du maximum de terres avec le minimum de population palestinienne", a souligné al-Maliki.

"Les colonies illégales ont fragmenté le territoire palestinien. En plus, Israël contrôle les terres et les ressources, détruit des habitations et déloge des communautés entières, construit un mur et renforce ses politiques de colonisation", a-t-il averti.

Puis le diplomate a ajouté que Tel-Aviv viole ainsi tous les principes fondamentaux du droit international et ne cache plus son intention d´annexer le territoire palestinien, ni ses projets colonialistes.

"Le colonialisme israélien a affecté la vie quotidienne des palestiniens et les empêche d´exercer leurs droits à l´autodétermination, alors qu´il envahit leurs propriétés, leurs vies et leurs espoirs de tous les jours", a-t-il exprimé.

"Mais cette politique devrait être fortement condamnée et combattue: Israël ne peut être une exception dans la réglementation internationale", a souligné le chancelier.

"Le peuple palestinien occupé a besoin de protection car il se trouve sous le contrôle total d´une puissance militaire coloniale qui le réprime brutalement et lui refuse ses droits", a-t-il exprimé en se référant également à la Loi de l´État Nation Juif et sa ressemblance à l´apartheid en Afrique du Sud.

"Mon peuple veut la liberté, la souveraineté, souhaite le respect de ses droits et le contrôle de ses frontières; il ne veut pas de murs ni de blocus, il désir accéder à ses ressources et non pas à la charité", a-t-il assuré.

La ministre des Affaires Étrangères d´Indonésie, Retno Marsudi, a pour sa part indiqué que les colonies illicites sont le centre de l´occupation de Tel-Aviv en Palestine et qu´il est urgent d´engager des actions pour freiner son expansion et inverser cette situation pour revenir aux frontières établies en juillet 1967.

Elle a de plus souligné que ces constructions illégales constituent une flagrante violation du droit international humanitaire et des résolutions du Conseil de Sécurité.

"L´Indonésie rejette la politique colonialiste d´Israël qui met en grave danger la solution des deux États et recherche de facto l´annexion du territoire palestinien occupé", a dénoncé Marsudi.

"Si la situation actuelle ne change pas, il y aura un cycle interminable de conflits et de violence", a-t-elle alerté en insistant sur le fait que "rester les bras croisés n´est pas une option: la communauté internationale devrait faire beaucoup plus".

Après plus de 50 ans d´occupation illégale israélienne et d´une violente répression sur le peuple palestinien, la situation dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie empire tous les jours pour la population civile qui est privée de ses terres ancestrales et souffre des pénuries dues aux blocus de Tel-Aviv.

La création et la reconnaissance de l´État palestinien est l´un des thèmes en suspens de longue date aux Nations Unies, alors qu´il existe un État d´Israël depuis 70 ans.

Depuis 2012, la Palestine est reconnue comme un État observateur non membre de l´ONU grâce à une résolution de l´Assemblée Générale, adoptée par 138 votes en faveur, 41 abstentions et 9 votes contre.

En 2018, la décision unilatérale de Washington de considérer Jérusalem comme capitale d´Israël, et d´y transférer son ambassade, a provoqué une escalade des tensions dans la région.

peo/tgj/ifb