Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le rejet du blocus imposé par les États-Unis au centre du panorama politique au Venezuela

Par Wiliamurquijo Pascual

Caracas, 10 août (Prensa Latina) Le rejet généralisé de la recrudescence du blocus imposé par les États-Unis centre aujourd’hui le panorama politique au Venezuela, parallèlement à l’interruption des pourparlers entre le gouvernement et l’opposition la plus extrémiste.


Au début de la semaine, le président étasunien Donald Trump a renforcé son siège contre la nation sud-américaine en plaçant les mesures coercitives et unilatérales prises contre Caracas dans le cadre d’un embargo économique total, dans le but de provoquer un changement de régime dans le pays.

Caché sous le discours estimant que les sanctions ne s’adressent pas au peuple, Washington a déclenché un nouveau décret destiné à renforcer les mesures visant à interdire aux entreprises ou aux citoyens nord-américains de nouer tout lien avec l’État vénézuélien, sous peine de sanctions.

L’action punitive comprend en outre la saisie de tous les biens et avoirs du Gouvernement vénézuélien aux États-Unis, qui ne peuvent être transférés, payés, exportés, retirés ou traités de toute autre manière', conformément à la norme signée par le mandataire américain.

Le gouvernement bolivarien a dénoncé devant la communauté internationale cette nouvelle agression, qualifiée de terrorisme économique contre le peuple vénézuélien, et qui 'vise à officialiser le blocus économique, financier et commercial criminel en cours', d’après un communiqué de la chancellerie.

Cette décision de l’élite au pouvoir aux États-Unis vise à donner une forme légale au gel de tous les biens et propriétés de l’État vénézuélien, constituant ainsi le pillage le plus grotesque et éhonté enregistré dans l’histoire contemporaine des relations internationales', a signalé le document.

Il y est également souligné l’intention évidente de l’administration Trump de parier sur l’échec du dialogue entre les principaux acteurs politiques du pays sud-américain.

A son tour, le chancelier Jorge Arreaza, en conférence de presse, a demandé une déclaration de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur le blocus économique illégal ; 'c’est une violation portant atteinte à 30 millions de Vénézuéliens dans leur droit à l’alimentation, la santé, la tranquillité', a-t-il affirmé.

Arreaza a précisé que le blocus interdit l’accès du Gouvernement et de la compagnie étatique des Pétroles du Venezuela aux sources de financement, ordonne le gel de milliards de dollars dans la banque internationale, poursuit les opérations avec de l’or et des crypto-monnaies, confisque des biens et des avoirs, entre autres actions contraires au droit international.

Les nouvelles agressions ont également suscité des voix de rejet parmi des économistes reconnus d’affiliation incontestée de l’opposition, dont les arguments ont fait échouer le récit selon lequel le seul touché par la mesure serait l’Exécutif bolivarien.

Le doyen de la Faculté des Sciences Économiques et Sociales de l’Université Catholique Andrés Bello (UCAB), Ronald Balza, a admis dans une interview que le blocus économique de Trump aurait des effets sur la population, a signalé le portail de journalisme d’investigation MisionVerdad.

'La situation sera économiquement désavantageuse pour le Venezuela, non seulement en raison des sanctions, mais aussi parce qu’il n’aura pas accès à d’autres types de devises ou d’activités génératrices de revenus pour le pays', a précisé l’expert.

De son côté, l’économiste et directeur de l´Ecoanalítica, AsdrúbalOliveros, a reconnu sur son compte Twitter que 'l’interprétation que font les entreprises et les banques internationales sur les mesures, leur impact et les systèmes de protection, peuvent affecter le secteur privé'.

Les déclarations du détracteur reconnu du Gouvernement, et conseiller de l´opposition, ont fait échouer les arguments de Juan Guaidó, titulaire de l’Assemblée Nationale (Parlement inhabilité depuis 2016)reconnu par la Maison Blanche et ses alliés comme président par intérim du pays, selon lesquels l’embargo n´aurait aucun effet sur le secteur privé.

Face à ce scénario, le chef de l’État, Nicolas Maduro, a écarté la possibilité de poursuivre le dialogue avec les factions de l’opposition soumises à la politique hostile des États-Unis.

Maduro a affirmé que la Révolution bolivarienne a toujours préconisé une issue négociée pour régler les différends et établir des conditions de coexistence politique, mais que 'les actions hypocrites de l´extrême-droite ont conduit à prendre une position de dignité'.

Le président de la République a rejeté la position de ces secteurs qui 'sont allés faire la fête' à la suite de la décision de l’administration de Donald Trump d’imposer un blocus total des biens et avoirs vénézuéliens sur le territoire étasunien; 'dans ces conditions, il ne peut y avoir de dialogue', a-t-il indiqué.

« Les négociations menées en Norvège et à la Barbade sous les auspices du gouvernement d’Oslo impliquaient des organisations d’opposition d’extrême-droite qui ont appelé à des tentatives de meurtre, des coups d´État et à l’invasion militaire étrangère pour provoquer un changement de régime par des voies inconstitutionnelles », a signalé le mandataire.

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