Agence de Presse de l'Amérique Latine

Campagne de la droite contre le personnel de santé cubain

Par Mariela Pérez Valenzuela

La Havane, 29 novembre (Presse Latine) L’attitude négative des gouvernements de droite du Brésil, de l’Équateur et de la Bolivie a conduit, en moins d’un an, au retour à Cuba des collaborateurs médicaux qui ont servi les populations les plus humbles de ces pays, condamnées maintenant à la maladie et à la mort.


Dans la stratégie des États-Unis et de leurs alliés d’Amérique Latine visant à renverser des gouvernements socialistes et progressistes, les collaborateurs cubains, qui offrent de manière désintéressée leurs savoirs, sont utilisés comme centre d’une campagne médiatique destinée à tenter de discréditer la santé publique de l’île caribéenne.

Sans la moindre décence, certains dirigeants de ces trois pays les accusent d’espionnage, de promouvoir et de payer mobilisations populaires et d’autres mensonges peu crédibles pour ceux qui connaissent le travail et l´engagement de ces professionnels, qui ont apporté leurs connaissances à plus de 160 nations.

Le premier à prendre cette mesure contre sa propre population aux moindres ressources a été l’extrémiste de droite brésilien JairBolsonaro, arrivé au pouvoir en 2018 à l’issue d’une sombre procédure judiciaire contre le candidat de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, et qui a déployé, en complicité avec les États-Unis, dont le président Donald Trump se dit un ami personnel, une croisade contre les volontaires caribéens qui étaient prêts à offrir des soins dans des endroits de grande pauvreté, et ce malgré les richesses économiques du géant sud-américain.

A la demande du gouvernement de la présidente DilmaRousseff, environ 20 mille cubains ont participé au programme Plus de Médecins, par l’intermédiaire de l’Organisation Panaméricaine de la Santé, pour combler le manque de professionnels locaux dans plus de trois mille 600 municipalités de cette nation.

Bolsonaro, à peine élu,et y compris avant,lorsqu´il était député au Congrès National, a remis en question la dignité et le professionnalisme du personnel de la plus grande des Antilles. Face aux accusations, La Havane a décidé de ne plus participer au programme.

Par son attitude, le régime de droite brésilien a éliminé la possibilité d´offrir des soins dans des territoires où il n’y avait pas de médecins, comme dans les quartiers situés à la périphérie des grandes villes et même dans des capitales d’État.

Selon le Ministère cubain de la Santé Publique, en cinq ans de travail sur les territoires du géant de l’Amérique du Sud, près de 20 mille professionnels ont soigné 113 millions 359 mille patients. Plus de 700 municipalités ont eu un médecin pour la première fois de leur histoire.

L’Équateur a également ignoré les revendications de ses populations humbles. Bien que l’action officielle ait été plus discrète, elle a atteint l’objectif fixé par Washington : suspendre la collaboration avec la nation antillaise en ne renouvelant pas les contrats signés pendant les 10 années de la Révolution Citoyenne.

Les médecins se sont rendus dans ce pays sous l’administration du président Rafael Correa, qui a fait partie, au cours des deux dernières décennies, d’un groupe de dirigeants sud-américains ayant pour prémisse l’attention portée à l’être humain et l’intégration, y compris avec les Caraïbes.

La Havane et Quito ont signé six conventions qui ont apportéau pays méridien du monde, en 2006, les 153 premiers collaborateurs pour commencer l’Opération Miracle, une initiative conçue par les présidents de l´époque de Cuba, Fidel Castro, et du Venezuela, Hugo Chavez, et destinée à rendre la vue gratuitement à des millions de latino-américains et caribéens.

Ce projet humanitaire a permis d’opérer dans ce pays 168.543 personnes, dont 4.609 de cataracte et 118.575 de pterigium.

D’autres accords ont ensuite été conclus en 2009, dont un signé par l´actuel président Lenín Moreno, alors vice-président de la Correa pendant six ans, et qui, depuis qu´il est arrivé au pouvoir, rejette la continuité de la solidarité.

Cette année-là, il avait pourtant été très impliqué avec les collaborateurs cubains dans la réalisation de l’étude psycho-sociale, sociale, pédagogique, clinique et génétique des personnes handicapées, connue sous le nom de Mission Solidaire Manuela Espejo.

Dans le cadre de ce programme, 825 mille 576 personnes ont bénéficié de 35 mille 257 consultations de neurophysiologie et d’oto-rhino-laryngologie. 2162 patients ont profité d´examens de génétique clinique.

En 2013, le Ministère de la Santé Publique de l’île a conclu un contrat avec l’Institut Équatorien de la Sécurité Sociale, en vertu duquel 293 médecins de différentes spécialités ont prêté assistance à 52 unités de cet organisme.

Cuba a également tendu la main à l’Équateur dans des situations d’urgence et de catastrophe : en 1986, pour de fortes pluies; en 2001, pour une épidémie de dengue; puis dans la prise en charge des victimes du tremblement de terre d’avril 2016.

Trois mille 565 professionnels de la santé de l’île y ont fourni leurs services. Ils ont effectué six millions 749 mille 666 consultations médicales et 212 mille 360 interventions chirurgicales; ils ont participé à trois mille 548 accouchements et ont administré 100 mille 84 doses de vaccination.

Ces médecins se sont toujours strictement conformés aux fonctions qui leur ont été confiées, dans le strict respect de la lettre des contrats.

De même, le coup d’État civique et militaire contre le président de la Bolivie, Evo Morales, a violé l’accord entre ce pays andin et amazonien et l’île des Caraïbes.

La nouvelle présidente intérimaire et autoproclamée Jeanine Áñez, une sénatrice de droite imposée par la manipulation politique, a ordonné le harcèlement et les menaces contre les 701 collaborateurs de la santé cubains présents dans cette nation.

Durant les jours de crise qui ont suivi l’asile politique de Morales au Mexique, quatre collaborateurs ont été emprisonnés, la chef de la mission médicale retenue, et, selon les déclarations des propres médecins, ils ont dû se protéger contre la vague de violence déclenchée par les opposants au Mouvement Vers le Socialisme, jusque-là au pouvoir. Face au climat d’agression, La Havane a décidé de retirer la brigade médicale.

Cuba, qui n’abandonne jamais ses citoyens, même dans les pires conditions, a envoyé des avions pour transporter son personnel de l’Équateur et de la Bolivie. Maintenant, sans la présence des femmes et des hommes qui, dans leurs blouses blanches, leur ont donné au moins un espoir d’améliorer leur qualité de vie, ces populations se retrouvent sans défense, et comme toujours oubliées par les gouvernements de droite.

*Journaliste de la rédaction nationale de Prensa Latina

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