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La loi sur les garanties démocratiques fait l’objet d’un veto gouvernemental en Bolivie

La Paz, 6 décembre (Prensa Latina) L’intention de la présidente de facto Jeanine Áñez de bloquer la loi sur les garanties démocratiques récemment adoptée, a pour contexte un climat répressif et un rapport critique de l’ONU sur les droits de l’Homme en Bolivie.


La loi a été adoptée ce matin, après un débat de 13 heures, avec les voix de la majorité du Mouvement Vers le Socialisme (MAS), de l’ancien président Evo Morales, contraint de démissionner en raison d´une vague de violence de l’opposition et sous la pression des commandements militaires.

La règle a été laissée à l’approbation du Sénat, où le MAS a la majorité absolue, mais le nouveau ministre de la Présidence, Yerko Nunez, a confirmé qu’Áñez y opposerait son veto parce qu’elle n’était pas nécessaire, dans le cas où le parlement à le pouvoir de la modifier ou de la ratifier et de la mettre en vigueur.

Un rapport de la mission de l’Organisation des Nations Unies connu ici aujourd’hui, expose des faits qui, selon le groupe, pourraient constituer de graves violations des droits de l’Homme, dans des cas comme les massacres de Sacaba et de Senkata, contre des manifestants opposés au renversement de Morales.

À Sacaba, dans la région centrale de Cochbamba, neuf paysans ont été tués par des forces de police et militaires envoyées pour les réprimer, tandis qu’à Senkata, dans la ville d’El Alto, voisine de La Paz, 10 civils ont été tués.

Le rapport indique que les actes de violence doivent faire l’objet d’enquêtes rapides, transparentes et impartiales et que cette mission poursuivra ses activités d’observation en Bolivie dans les semaines à venir, afin de contribuer au renforcement des garanties des droits de l’Homme dans ce pays.

Le projet adopté aujourd’hui, selon ses auteurs, vise à préserver les droits des parlementaires et des dirigeants sociaux, faisant l´objet de persécution, de harcèlement et de criminalisation par le gouvernement de facto, les médias apparentés et la répression déclenchée après la démission de Morales le 10 novembre.

La loi prévoit la libération des personnes détenues pour avoir participé à des manifestations pacifiques, le respect de la liberté d’expression, dans le contexte actuel de plaintes pour censure, et la cessation de la criminalisation de la diffusion d'images de manifestations et d'opérations répressives.

Elle dispose également du fait que pour juger les personnes qui exercent ou ont exercé la présidence, la vice-présidence et les hautes fonctions judiciaires, la loi sur le jugement des responsabilités doit être respectée, établissant une procédure spéciale et accordant un sauf-conduit aux demandeurs d’asile.

Peo/jcm/mrs