Agence de Presse de l'Amérique Latine

Furie en Afrique du Sud à la suite de déclarations de l’ancien président De Klerk

Pretoria, 17 février (Presse Latine) Des déclarations de l’ancien président sud-africain Frederik De Klerk, selon lesquelles 'l’apartheid ne peut être considéré comme un crime contre l’humanité', suscitent aujourd’hui des appels généralisés demandant sa rétractation.


L’ancien mandataire, qui a ouvert la voie à la démocratie en Afrique du Sud par la libération en 1990 du légendaire combattant anti-apartheid Nelson Mandela, a déclaré dans une interview accordée à la chaîne de télévision locale SABC, qu’il s’excusait pour l’apartheid, mais ne pensait pas qu’elle pouvait être qualifiée de crime contre l’humanité.

En 1973, l’Organisation des Nations Unies a adopté la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime de l’apartheid, un document qui qualifie d’inhumains les crimes commis par ce régime dans le but de maintenir la domination et l’oppression d’un autre groupe racial.

La Fondation Desmond Tutu, du nom l’archevêque anglican connu pour son engagement contre le régime blanc et prix Nobel de la paix, a déclaré que les déclarations de l’ancien président et celles de sa fondation étaient irresponsables et a demandé leur retrait.

Il est irresponsable que la Fondation De Klerk discute du degré d’horreur de l’apartheid, a-t-elle ajouté après avoir assuré que ceux qui ont le plus souffert sous ce régime continuent de souffrir aujourd’hui.

L’organisation, dirigée par Tutu et sa femme Leah, a déclaré que l’Afrique du Sud se trouvait dans une impasse économique marquée par la pauvreté et l’inégalité et qu´il appartient aux leaders et anciens dirigeants de la communauté blanche, en particulier, de faire preuve du courage, de la magnanimité et de la compassion nécessaires pour contribuer à l’amélioration du climat social.

Dans le même temps, Zindi Mandela, fille du premier président noir d’Afrique du Sud, a rappelé les souffrances de sa mère Winnie et de beaucoup d’autres sous le régime de De Klerk et a diffusé des photos d´elle lorsqu’elle était attaquée par la police blanche à cette époque.

Ce qu’a dit De Klerk est une justification du régime. Il dit que ma mère et d’autres méritent ces agressions ?, a demandé Zindi.

La présence de De Klerk lors du discours à la nation du président Cyril Ramaphosa devant le Parlement National la semaine dernière a suscité la colère du parti d´opposition pour l’indépendance démocratique, dont les députés ont protesté contre son invitation et ont réclamé son expulsion de la chambre.

À cet égard, des membres du Congrès National Africain (ANC) au pouvoir ont demandé à l’organe législatif de ne plus inviter l’ancien président, une tradition parlementaire défendue par ses dirigeants, qui ont répondu que 'nous n’offrons pas l’immunité diplomatique à ceux que nous invitons s’ils font des déclarations erronées'.

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