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Un analyste estime que les ressources de la Bolivie ont motivé le coup d’État

La Paz, 28 février (Prensa Latina) L’intérêt des transnationales et du grand capital pour les ressources naturelles de la Bolivie ont motivé le coup d’État qui a renversé le président Evo Morales, a estimé aujourd’hui le sociologue et analyste politique Eduardo Paz.


Un texte de Paz intitulé « Danger et vente aux enchères dans l’économie bolivienne », note qu’une alliance d’intérêts étrangers et d’oligarchies locales, une fois le coup d’État accompli avec la mise en place d’un gouvernement à sa faveur, travaille assidûment pour s’approprier les ressources naturelles du pays et récupérer les industries nationalisées.

À cet égard, il cite à titre d’exemple certaines des décisions prises par l’administration de la présidente autoproclamée Jeanine Áñez sur des sujets aussi importants pour le pays andin-amazonien que la production de gaz, de pétrole, de lithium ou de soja.

Paz souligne que la libéralisation de l’économie bolivienne est l’un des fers de lance du gouvernement d’Áñez, qui n’épargne aucun effort pour affaiblir le rôle de l’État dans la gestion des biens nationaux.

Les secteurs stratégiques de l’économie tels que les hydrocarbures ou celui des mines sont les plus convoités, et le gouvernement de facto le sait, raison pour laquelle il a publiquement exprimé son intérêt de ne plus le garder sous contrôle de l’État et de le faire passer aux mains de sociétés étrangères, a-t-il averti.

Paz rappelle qu’il y a quelques jours, le président des Gisements Pétroliers boliviens (YPFB), Herland Soliz, a manifesté son intérêt pour le retour en Bolivie d’entreprises comme Shell et Repsol.

YPFB est le résultat de la nationalisation des hydrocarbures par le président Evo Morales, sa gestion pendant cette période et les dividendes apportés au pays ont pourtant été largement applaudis par des spécialistes et des institutions économiques et financières mondiales.

Toutefois, Soliz a déclaré que la nationalisation des hydrocarbures avait eu un effet pervers sur le pays car les investissements des compagnies pétrolières, tant dans la prospection que dans l’exploitation, ont été découragés.

L’autre exemple cité par Paz concerne le processus d’industrialisation du lithium, qui est le minéral stratégique le plus important du pays et matière première indispensable à la poursuite de la révolution technologique mondiale.

Les autorités de facto ont rompu le contrat conclu avec la société allemande ACI System par le gouvernement d´Evo Morales pour l’exploitation industrielle de ce minerai, projet dans lequel la Bolivie aurait pourtant eu une participation majoritaire et des bénéfices estimés à 4,5 milliards de dollars par an.

Des entreprises publiques de communication et de transport sont également dans le viseur du gouvernement de facto pour des privatisations futures.

Morales, premier mandataire indigène dans l’histoire de la Bolivie, a mis en garde contre ces privatisations en signalant que l’intérêt pour les ressources du pays est la véritable raison du coup d’État qui l’a contraint à démissionner le 10 novembre dernier.

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