Agence de Presse de l'Amérique Latine

La fermeture de stations de radio communautaires considérée comme illégale en Bolivie

La Paz, 19 juin (Prensa Latina) Le Bureau du Défenseur du peuple de Bolivie a considéré hier illégale la fermeture éventuelle de radios communautaires comme Kawsachun Coca, menacée par cette mesure par le gouvernement putschiste sous l’accusation d’encourager la violence.

Selon l’organisme, les déclarations faites à ce sujet par le ministre de Gouvernement, Arturo Murillo, constituent une menace directe contre ces médias qui donnent la parole à des dirigeants politiques ou paysans éloignés de la ligne politique de l’Exécutif de facto actuel.

La Défenseuse des Droits, Nadia Cruz, a assuré qu’une éventuelle fermeture de ce type serait un acte illégal et a rappelé que la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) protège ces stations de radios.

L’avocate, et deuxième Bolivienne à occuper ce poste, a rappelé que la CIDH défend l’importance des radios communautaires au sein d’un État pour permettre la jouissance et l’exercice du droit à la liberté d’expression.

Cruz a réagi au nom de son institution aux allégations du ministre Murillo selon lesquelles 'des radios comme Kawsachun Coca 'encouragent la violence, le terrorisme, et la sédition' et 'devraient être fermées'.

Selon la responsable de l’organisme bolivien de défense des droits de l’Homme, la restriction de la liberté d’opinion doit se faire dans le cadre de la légalité.

Ces limitations d’expression doivent être établies au préalable et de manière expresse, exhaustive, précise et claire dans une loi, tant au sens formel que matériel, a souligné la défenseuse.

Cruz a précisé la définition de la CIDH selon laquelle la 'loi ' n’est pas n’importe quelle norme juridique, sinon les actes normatifs généraux adoptés par l’organe législatif constitutionnellement prévu et démocratiquement élu.

L’avocate a rappelé d’autres tentatives officielles du gouvernement de facto contre la radio Kausachun Coca, dont la saisie d’appareils de ce média en janvier dernier.

Le rejet de la Défenseure faisait suite à celui d’autres secteurs et personnalités comme le candidat présidentiel du Mouvement Vers le Socialisme, Luis Arce, qui a qualifié le fait de 'nouvelle atteinte à la liberté d’expression'.

'Les disqualifications généralisées et la censure des radios communautaires portent atteinte à la tradition de communication orale et aux médias des secteurs sociaux, des peuples indigènes et des populations paysannes de Bolivie', a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression de la CIDH, Edison Lanza, a estimé que la fermeture d’une station de radio était depuis longtemps la preuve de l’absence de procédure régulière et une forme de censure préalable.

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