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Le film Cuban Network fait éclater la bulle de silence autour de Cuba

Par Odette Diaz Fumero

La Havane, 2 juillet (Prensa Latina) Les actions de ceux qui ont tenté de renverser l’ordre à Cuba et ont soutenu le silence complice pour cacher la violation des droits de l´Homme contre les cinq Cubains emprisonnés aux Etats-Unis, sont aujourd’hui révélées au grand jour avec le film Cuban Network du Français Oliver Assayas.

Le Héros de la République de Cuba René González et son épouse Olga Salanueva, dans une interview exclusive à Prensa Latina, ont assuré que les réactions des secteurs opposés à l’île des Caraïbes sont compréhensibles, car la bulle autour de leurs actes terroristes a été dévoilée avec le long métrage qui est de nos jours accessible à tout citoyen.

L’essentiel du film est qu’il a attiré le public vers l’histoire des Cinq, a estimé González, tout en reconnaissant que le film n’est pas fait pour les Cubains, qui quand ils le voient, le font avec un regard plus critique et commencent à lui trouver des défauts car cette une histoire leur est très familière.

Cependant, il nous semble utile que le public puisse connaître et découvrir ce qui s’est passé pendant les seize ans de prison, surtout en Europe et aux États-Unis où il y a tant de désinformation en ce qui concerne Cuba, a-t-il déclaré.

'Je ne suis pas critique d’art, mais je suis d’accord avec la critique selon laquelle il s’agissait de mettre beaucoup de contenu en deux heures et cela va à l’encontre du scénario, de la fluidité de l’histoire, de facteurs qui suscitent des doutes dans le public ; et je reconnais aujourd’hui qu’Assayas a fait un grand effort', a précisé González.

Le réalisateur a réussi pour la première fois à faire en sorte que les décennies d’agressions de Washington contre La Havane, un sujet qui revêt pour nous une grande importance, soient aujourd´hui portées au grand-écran et largement diffusées, a-t-il souligné.

Pour le héros cubain, le livre « Les derniers soldats de la guerre froide », du Brésilien Fernando Morais, sur lequel est basé l’audiovisuel, se permet des licences littéraires comme tout produit artistique, mais l’essence de l’œuvre est réelle, le plus important c’est que les éléments politico-militaires comme humains reflètent la réalité de ce que nous avons vécu durant ces années.

Par ailleurs, González a fait l´éloge de la performance de l’acteur vénézuélien Edgar Ramirez (interprète du personnage de René), qui humanise tout au long du film ce dénommé « espion ».

De son côté, Olga Salanueva a assuré à Prensa Latina qu’elle admire le travail réalisé par l’espagnole Penelope Cruz, qui la représente dans le film, tout en ajoutant que la personnification de son histoire contient certaines choses réelles, d’autres pas.

J’ai l’impression que l’actrice a montré l’oppression, les difficultés vécues, la souffrance de penser que mon mari était un traître, d’assumer toutes les responsabilités de la maison, essayer d’avoir des réponses pour une petite fille qui n’était pas assez petite pour ne pas poser de questions ou assez grande pour comprendre ce qui s’était passé, a-t-elle souligné.

« Si vous me demandez ce que j´aurais changé dans le film, ou avec quoi je ne suis pas tout à fait d’accord, c´est le moment où on me fait connaître le départ de René, la réalité était bien différente », a manifesté Salanueva.

Puis elle a ajouté qu’il est important de clarifier certaines scènes parce qu’à la fin c’est son histoire de vie et le film reste. Toutefois, elle a estimé que le film était bien accompli et qu´il reflétait bien les événements.

Interrogé sur la pertinence de réaliser une série cubaine sur la vie des Cinq, González a assuré que ce qui s’est passé fait partie de l’histoire du peuple cubain et qu’il serait bon de la raconter comme la célébration d’un triomphe collectif résumé par leur retour.

'Si nous nous laissons guidés par le film il pourrait sembler que j’ai tout fait; mais il y a beaucoup de gens dont on ne parle pas parce qu’ils n’étaient pas du groupe, ils ont pourtant également fourni des informations à Cuba sur les actes terroristes orchestrés contre l’île et ont contribué à la défense du sol national. C’est une histoire qui mérite d’être racontée », a-t-il conclu.

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