Agence de Presse de l'Amérique Latine

Assange serait emprisonné pour le reste de sa vie aux États-Unis, souligne un témoin

Londres, 15 septembre (Prensa Latina) Le fondateur de Wikileaks Julian Assange passera le reste de sa vie en prison s’il est extradé et jugé aux États-Unis, a rappelé un témoin de la défense lors du procès d’extradition repris hier.

Selon l’avocat criminaliste nord-américain Eric Lewis, qui a comparu par vidéoconférence devant le tribunal de Londres en charge de l’affaire, 'dans le meilleur scénario, et si tout se passe plus que bien', le journaliste australien serait condamné de 20 à 175 ans de prison.

Notant qu’il est très probable que l’accusation demande la peine maximale, Lewis a ajouté que le Département de la Justice nord-américain traitera Assange comme un prisonnier à risque pour la sécurité nationale, ce qui implique que son emprisonnement sera soumis à des mesures administratives spéciales.

Sous ce régime, a-t-il expliqué, les prisonniers ne sont même pas autorisés à regarder les informations ou d’autres émissions de télévision que celles approuvées par les autorités pénitentiaires.

Lewis, qui n’est que le quatrième des plus de 30 témoins que la défense doit citer, n’a pas pu poursuivre sa déposition après la pause déjeuner en raison de problèmes techniques liés à la connexion à distance avec la salle d’audience, et la juge a donc suspendu la séance de l’après-midi.

Le procès concernant l’extradition aux États-Unis du cyber-activiste de 49 ans a repris le 7 septembre au tribunal londonien d’Old Bailey, après un retard de plusieurs mois dû à la pandémie de Covid-19.

La justice nord-américaine cherche à extrader le fondateur de Wikileaks pour le juger de 18 chefs d’accusation allant de l’espionnage au piratage informatique, qui au total peuvent entrainer une peine de 175 ans de prison, et ce pour avoir publié des milliers de documents secrets faisant notamment état de crimes commis par des militaires étasuniens en Irak et en Afghanistan et de cas de torture sur la base de Guantanamo.

Les révélations faites en 2010 et 2011 incluaient des évaluations compromettantes faites par des diplomates des États-Unis sur d’autres gouvernements et personnalités politiques internationales.

Comme durant la première partie du procès entamé en février dernier, Assange, qui est enfermé dans la prison de haute sécurité de Belmarsh depuis son arrestation à l’ambassade d’Équateur à Londres en avril 2019, assiste au procès depuis un box au fond de la salle, surveillé par deux gardes de sécurité et sans avoir de contact direct avec ses avocats.

L’audience pourrait durer jusqu’à trois semaines, et il est très probable que la partie perdante fera appel du verdict.

peo/mem/nm