Agence de Presse de l'Amérique Latine

Haïti demande le soutien de l’ONU pour combattre les gangs

Port-au-Prince, 17 mars (Prensa Latina) Le président haïtien, Jovenel Moïse, a sollicité hier l’appui technique et logistique des Nations Unies pour combattre le banditisme dans le pays, selon ce qu´il a lui-même annoncé sur ses réseaux sociaux.

Moïse a assuré qu’il avait eu un entretien avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au cours duquel il a également abordé le renforcement du programme de réduction de la pauvreté et le dialogue inter-haïtien.

'Je reste convaincu que par le biais de ce dialogue nous parviendrons à résoudre la crise actuelle et construire ensemble un Haïti plus juste, uni et prospère', a écrit le président sur les réseaux sociaux.

Après l’échec cette semaine de l’opération antigang qui a fait au moins quatre morts parmi les policiers, Moïse a annoncé des mesures pour lutter contre le phénomène de la violence et a également demandé l’appui de l’Organisation des États Américains (OEA).

Il a annoncé la publication d’un décret portant révision de la loi sur l’état d’urgence et habilitant la Police nationale haïtienne à recevoir les moyens nécessaires pour lutter contre la criminalité, y compris avec des appuis extérieurs, sans toutefois préciser de quel type.

Il a également déclaré l’état d’urgence dans toutes les zones identifiées par le Conseil National de la Police, y compris Village de Dieu, zone de l’échec opérationnel où le nombre d’enlèvements et d’assassinats augmente continuellement.

Pour André Michel, avocat et porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire, une plate-forme hostile au Gouvernement, Moïse admet avec les récentes mesures son incapacité à organiser des élections, ce qui constitue la principale demande de la communauté internationale.

L’insécurité s’est aggravée en Haïti ces dernières années et au moins 500 personnes ont trouvé la mort en 2020 rien que dans la capitale, selon des rapports d’organisations des droits de l’Homme.

Les bandes armées contrôlent maintenant de vastes zones et imposent leur loi, pratiquement sans contrepartie de la police, qui a tenté sans succès de reprendre le contrôle de ces territoires.

Lundi, le ministre délégué aux Affaires Électorales a estimé que le départ de la Mission des Nations Unies pour la Stabilité (Minustah) avait affaibli la sécurité nationale, et a justifié la synergie entre la police et l’armée pour 'aider à vaincre le banditisme'.

La Minustah a été déployée en Haïti de 2004 à 2015, puis remplacée par la Mission d’Appui à la Justice jusqu’en 2017, mais les experts conviennent que son bilan n’a pas été satisfaisant pour le pays.

peo/car/Ane