Agence de Presse de l'Amérique Latine

Haïti rappelle le premier grand massacre de François Duvalier

Port-au-Prince, 26 avril (Prensa Latinae) Haïti rappelle aujourd’hui le premier grand massacre de François Duvalier, cinq ans après son accession à la présidence, au cours duquel un nombre indéterminé d’opposants et leurs familles ont été tués.

Les faits ont été déclenchés par la tentative présumée d’enlèvement de deux des fils du dictateur, dont la voiture a été attaquée le même jour par quatre hommes armés. Le conducteur et les deux gardes du corps ont été tués par balle alors que les enfants ont réussi à s’échapper.

En représailles, Duvalier avait convoqué les Volontaires de la Sécurité Nationale, connus comme les Tonton Macutes, une puissante force paramilitaire qui s’est dirigée contre les officiers de l’armée soupçonnés de complot contre le président.

Le nombre de décès n’a toujours pas encore été confirmé, mais les historiens s’accordent à dire que près d’une centaine de personnes, dont un bébé de neuf mois, ont été tuées au cours des événements.

Au cours de cette opération sanglante, des maisons avec leurs occupants ont été incendiées, des enfants ont été enlevés, des familles entières ont été arrêtées, torturées, tuées et portées disparues.

Ceux qui ne sont pas morts ce jour-là ont ensuite péri dans les cachots de Fort Dimanche, où des centaines d’opposants ont été entassés.

En 1986, vingt-trois ans après les faits, et après la chute du régime, une marche commémorative s’est également terminée par un massacre.

Dans la dernière partie de la mobilisation, devant la prison de Fort Dimanche, la police a tiré sur la foule, faisant 11 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les participants exigeaient que le site soit transformé en un lieu commémoratif de la mémoire des disparus de la dictature de Duvalier.

En 2015, le gouvernement de Michel Martelly a déclaré le 26 avril Journée du souvenir des victimes de Fort Dimanch, en hommage à ceux qui y ont perdu la vie.

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