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La culture comme arme de la protestation en Colombie

Bogotá, 8 juin (Prensa Latina) Une manifestation graphique de trois kilomètres, comme arme de protestation, rappelle aujourd’hui les faux positifs (civils tués pendant le conflit armé et présentés comme combattants insurgés) et les victimes de la violence policière dans le contexte de la mobilisation nationale en Colombie. 

Les peintures, qui ressemblent aux silhouettes des corps que dessinent les policiers lorsqu’ils interviennent après un crime, parcourent plusieurs kilomètres de la capitale, de la Place Bolivar au Centre pour la Mémoire, la Paix et la Réconciliation.

Cette manifestation artistique fait partie des diverses formes de la protestation sociale qui se tourne vers l’art pour s’approprier les rues, les murs et trottoires et espaces publics de différentes villes.

Ainsi, tout au long de cette explosion sociale qui atteint déjà ses 40 jours, les différentes manières de protester contre le gouvernement d’Ivan Duque se rendent visible.

Le 28 avril dernier a débuté une mobilisation nationale pour rejeter une réforme fiscale préjudiciable à une grande majorité de la population impulsée par l’administration de Duque, laquelle augmentait notamment les impôts sur les biens et les services et créait de nouvelles taxes.

Les protestations ont conduit à une explosion sociale marquée par la répression de la force publique qui a provoqué plus de 70 morts, des centaines de blessés (certains ayant perdu la vue) et de disparus, des dizaines de viols, de tortures et autres violations des droits de l’Homme.

Les mobilisations ont commencé de manière traditionnelle, mais les manifestants, pour montrer qu’ils ne sont pas des 'vandales', comme des secteurs de la droite les qualifient, se tournent vers les expressions culturelles les plus diverses pour faire valoir leurs revendications.

Les Colombiens exigent la cessation des violences policières, militaires et de groupes civils protégés par les forces de l’ordre, le respect intégral de l’Accord de Paix dans le pays, le démantèlement de l’escadron mobile antiémeute, plus d’emplois, des facilités d’études pour les jeunes, la justice et l’élucidation des faux positifs qui ont fait des milliers de victimes, entre autres revendications.

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