Agence de Presse de l'Amérique Latine

L’UE affirme que le blocus des États-Unis imposé à Cuba affecte ses intérêts

Bruxelles, le 21 juin (Prensa Latina) L’Union Européenne (UE) a averti que le blocus imposé par les États-Unis à Cuba a un impact négatif sur ses intérêts et a réitéré son rejet de l’extraterritorialité de cette politique, dans un rapport disponible aujourd’hui. 

Le bloc communautaire de 27 États membres, ayant son siège dans cette capitale, a pris position sur le rapport élaboré par le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à la demande de l’Assemblée Générale des Nations Unies dans sa résolution de 2019 sur la nécessité de mettre fin au siège économique, commercial et financier imposé par Washington à l’île.

Dans son évaluation, l’UE a précisé que les mesures unilatérales nord-américaines contre Cuba violent les règles acceptées par les pays pour le commerce international et a insisté sur le caractère extraterritorial du blocus, notamment exposé par les lois Torricelli (1992) et Helms-Burton (1996).

Elle a également souligné les conséquences de la recrudescence de l’hostilité de la Maison Blanche sur 'la possibilité de communiquer avec le peuple cubain' et sur le 'secteur privé naissant de Cuba'. Bruxelles a également signalé dans le rapport remis au secrétaire général l’impact économique du blocus sur la plus grande des Antilles et le niveau de vie de ses habitants, y compris dans le domaine humanitaire.

'Le blocus constitue un obstacle supplémentaire à la capacité de Cuba à faire face à la pandémie de la Covid-19', a-t-elle dénoncé.

L’administration de Donald Trump (2017-2021) a adopté 243 mesures pour renforcer le siège visant à asphyxier l’île, dont 55 ont été prises en pleine pandémie, décisions qui restent en vigueur cinq mois après l’arrivée au bureau ovale de son successeur, Joe Biden, qui a pourtant promis durant sa campagne électorale de revenir sur plusieurs d’entre elles.

L’UE a rappelé que son Conseil des ministres de novembre 1996 a adopté des règlements visant à protéger les intérêts européens, tant des entreprises que des personnes physiques, contre les effets extraterritoriaux de la loi Helms-Burton, dont les titres III et IV ont été activés en 2019 par Trump pour augmenter la pression sur les investisseurs étrangers prêts à faire des affaires avec Cuba.

À cet égard, l’UE a exhorté les États-Unis à cesser d’appliquer ces titres et s’est déclaré prête à utiliser des instruments et des options pour protéger les activités économiques de ses citoyens et de ses entreprises dans le pays des Caraïbes.

Le bloc européen a défendu son Accord de dialogue politique et de coopération avec Cuba, qui est appliqué à titre provisoire depuis le 1er novembre 2017.

Le 23 juin, l’Assemblée Générale des Nations Unies débattra et votera un nouveau projet de résolution sur la nécessité pour les États-Unis de lever le blocus contre Cuba, texte similaire à celui adopté dans cette instance multilatérale à 28 reprises depuis 1992, alors que l’initiative n’a pu être présentée l’année dernière en raison de la pandémie de Covid-19.

La résolution demande également au secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies d’établir un rapport sur la mise en œuvre du document qui bénéficie de l’appui quasi unanime de la communauté internationale.

Traditionnellement, les États-Unis et leur allié Israël sont isolés du monde en s’opposant à cette initiative.

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