Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les États-Unis : prétendus juges mondiaux des droits de l’Homme

Washington, 31 mars (Prensa Latina) Le secrétaire d’État nord-américain Anthony Blinken a présenté ce mardi le rapport unilatéral de son Département sur la situation des droits de l’Homme dans le monde sans faire référence à des problèmes concernant son propre pays.

Les exemples sont pourtant évidents à l’intérieur du pays. Les États-Unis ont le taux d’incarcération pénale le plus élevé au monde, avec 2,2 millions de personnes dans les prisons et 4,5 millions d’autres en liberté conditionnelle ou sous caution en 2017, selon les statistiques officielles.

Sous le gouvernement précédent celui du président Joe Biden, la Maison Blanche a impulsé un recul en matière de droits, lorsqu’elle a, entre autres, mis en œuvre des politiques d’immigration inhumaines et promu des récits mensongers qui perpétuent le racisme et la discrimination, selon de nombreux experts sur le sujet.

Le gouvernement précédent a souvent insisté sur les violations présumées des droits de l’Homme, mais seulement dans les pays qu’il considérait comme « adversaires », comme l’Iran, Cuba, le Venezuela, entre autres, qui ne suivent pas ses diktats, mais a souvent ignoré ou minimisé de graves abus de droits dans les nations alliées.

Maintenant, Blinken insiste sur le fait que 'défendre les droits de l’Homme de toutes parts est dans l’intérêt des États-Unis', et réitère des arguments contre d’autres États sans s’arrêter pour examiner les problèmes majeurs de son propre pays dans ce domaine.

Washington accuse les autres de ce qui est une pratique reconnue sur son propre territoire, où, par exemple, il existe de grandes disparités raciales au sein de la population carcérale.

Lorsque les États-Unis abordent les problèmes des femmes dans le monde, ils ne reconnaissent pas que sur leur territoire le taux global d’incarcération des femmes afro-américaines a été près de deux fois plus élevé que celui des femmes blanches et que le taux d’incarcération des hommes afro-américains a été près de six fois plus élevé que celui des hommes blancs.

Les exemples dans tous les domaines ne manquent pas. Ainsi, chaque jour, au moins 50.000 mineurs sont détenus et, dans les 50 États, ils sont jugés par des tribunaux pénaux pour adultes.

Selon l’ONG Citizens Committee for Children, environ 32.000 enfants de moins de 18 ans sont chaque année détenus dans des prisons pour adultes.

Les disparités raciales persistent et, par exemple, dans 37 États, les taux d’incarcération sont plus élevés pour les enfants noirs que pour les enfants blancs, selon The Sentencing Project.

Des rapports de presse montrent les problèmes avec plus d’acuité. Selon un article paru dans The Washington Post en 2019, les disparités raciales en matière d’utilisation de la force par la police, d’arrestations, de citations à comparaître et de détentions routinières sont évidentes dans le pays.

L’organisation, qui n´a rien de gauchiste, Human Rights Watch a documenté d’importantes disparités raciales dans la surveillance policière lors d´une étude de cas dans la ville de Tulsa, Oklahoma, où les résidents afro-américains ont dénoncé à plusieurs reprises avoir été victimes de surveillance policière abusive.

Les exemples couvrent un large éventail allant des problèmes raciaux à, par exemple, l’élimination des normes de protection de l’environnement et de la santé publique.

Les rapports annuels du Département d’État sur les droits de l’Homme, publiés en mars, ont de nouveau exclu l’analyse des droits des femmes en matière de procréation, omettant des informations sur la mortalité maternelle évitable et l’accès à la contraception, sujet à propos duquel Blinken dit que l´administration dont il fait partie apportera des améliorations.

Dans sa dénommée politique de sécurité, les États-Unis poursuivent les assassinats sélectifs de terroristes présumés dans des pays comme le Yémen et la Somalie, beaucoup par des drones armés, et s’abstiennent de divulguer le nombre de victimes d’opérations meurtrières de la CIA.

Il y a de nombreux domaines qui disqualifient le 'juge' (les États-Unis) pour donner son avis sur le monde, et à cet égard, l’ancien ambassadeur de Cuba dans ce pays, José Ramón Cabañas, a donné une définition dans les réseaux sociaux :

« Le Département d´État vient de publier un nouveau 'rapport' sur les droits de l’Homme qui, en résumé, dit que les Etats-Unis sont un phare de vertus et le reste est très mauvais. Terrible début pour l’exercice de nettoyage de l’image en piteux état que le Trumpisme a laissé sur toute la planète ».

Ledit rapport de 43 pages, correspondant à l’exercice 2020, est le premier publié par l’administration de Joe Biden.

Ces informations accusent le Gouvernement cubain de restrictions présumées au droit de réunion pacifique, ainsi que de restrictions à la liberté de religion et à la traite des êtres humains, entre autres.

Ce document traite chaque année des événements, des cas de corruption, des dénonciations d’organisations et des conflits dans près de 200 pays à travers le monde.

Depuis 40 ans, le Congrès des États-Unis a promulgué une loi enjoignant au secrétaire d’État de préparer le document et de le transmettre chaque année au Congrès.

Les législateurs tiennent compte de l’information pour élaborer des lois, approuver l’aide étrangère et prendre des décisions politiques.

peo/mem/lb