Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des organisations dénoncent des expulsions de migrants au Chili

Santiago du Chili, 7 juin (Prensa Latina) Plusieurs organisations sociales chiliennes ont rappelé aujourd'hui leurs préoccupations concernant les expulsions massives de migrants alors que le gouvernement insiste sur la légalité de ses actions. 

La question est revenue sur le devant de la scène après l'expulsion de 56 étrangers ce dimanche, selon les propres informations du gouvernement.

Rodrigo Delgado, ministre de l'Intérieur, a déclaré qu'une vingtaine de ces personnes avaient été condamnées pour des crimes graves et avaient opté pour la commutation de leur peine en expulsion, et que les autres avaient été expulsées pour avoir enfreint les lois en vigueur sur l'immigration.

Néanmoins, les organisations de défense des migrants et des droits de l'Homme ont qualifié ces actions de "vols de terreur" et insistent sur le harcèlement dont sont victimes les migrants.

Elles répudient également la manière dont ces personnes sont embarquées dans les avions, vêtues d'uniformes blancs jusqu'à la tête, masquées et y compris menottées.

À cet égard, les évêques d'Antofagasta ont demandé dans une déclaration "le respect de l'État de droit qui doit régir toutes les actions des organismes d'État, en particulier lorsqu'il s'agit de mesures qui affectent la liberté de circulation des personnes".

Ils ont également exprimé leur inquiétude face à l'annonce par le gouvernement de 15 vols de déportation cette année, le premier d'entre eux ayant eu lieu le 25 avril, au départ de la ville d'Iquique.

Massiel Cárdenas, avocat de la Clinique juridique des migrants, a mis en avant le fait que ces personnes avaient le droit d'obtenir une évaluation individuelle de leur cas et de rester dans le pays au cours de l'examen de leur situation migratoire, à plus forte raison ceux n'ayant pas de casier judiciaire.

Des données du Service Jésuite aux Migrants (SJM) signalent une forte augmentation des expulsions ces dernières années, et qu’entre 2018 et 2020 les autorités en ont ordonnées 18 mille 725, représentant plus de la moitié de celle rapportées depuis 2010.

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