Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les traces d’Allyson Felix avant la renaissance olympique

Par Jhonah Díaz González, envoyé spécial

Tokyo, 20 juillet (Prensa Latina) La nord-américaine Allyson Felix entamera les Jeux olympiques de Tokyo 2020 comme un symbole de lutte contre l’inégalité des sexes et les injustices qui entourent les mères sportives. À 35 ans, Felix n’est plus cette adolescente au visage angélique qui a débuté dans l’athlétisme des Jeux d’Athènes 2004, maintenant son image de profil sur Facebook laisse une partie de son corps nu et montre la cicatrice du processus chirurgical auquel elle a survécu après avoir caché une grossesse et avoir souffert un accouchement prématuré.

Détentrice de neuf médailles olympiques, six en or et trois en argent, la sprinter a gardé secret son état de gestation 'de peur de risquer sa carrière', comme elle l’a raconté après avoir donné naissance en 2018 à Carmyn, aujourd’hui sa principale source d’inspiration.

Elle a maintenu ce silence parce qu’elle savait le 'prix' de la maternité dans son métier et a failli le payer après ce précieux 28 novembre d’il y a trois ans, avec sa fille d’à peine 1,559 kilogrammes à la naissance dans ses bras.

Le 1er août 2019, lors des claddifications de son pays pour le Mondial de Doha, au Qatar, Felix a participé sans sponsor, parce que la société Nike n’a pas accepté les demandes de garantie pour sa maternité et a essayé de la mettre de côté malgré son statut et le fait d’être l’une des athlètes nord-américaines les plus appréciées.

En pleine processus de récupération physique, la marque sportive a décidé de lui offrir un contrat inférieur de 70 % au précédent, ce qui a obligé la nouvelle mère à accélérer son retour sur les surfaces synthétiques.

'J’ai été l’une des sportives les plus commercialisées par Nike, si je ne peux pas assurer ces facilités, qui le pourra ?', avait-elle alors demandé au journal The New York Times.

Ces semaines ont été difficiles et plusieurs athlètes ont uni leurs voix contre les attitudes discriminatoires des entreprises à l’égard des femmes sportives qui souhaitent devenir mères.

Face à une telle situation, Felix a tout compris : 'Les athlètes, nous avons trop peur de dire publiquement que si nous avons des enfants, nous courons le risque que nos sponsors nous réduisent ou annulent le salaire pendant notre grossesse et y compris après'.

Sa lutte a fait changer les politiques contractuelles de l’entreprise. 'Si l’athlète tombe enceinte, Nike ne peut appliquer aucune réduction liée au rendement pendant une période d’un an et demi, commençant huit mois avant la date de l’accouchement', a-t-elle expliqué dans un communiqué de presse daté du 12 août 2019.

Depuis ces événements, Allyson Felix n’est plus la même : obtenir des médailles a cessé d’être son but principal, mais élever sa voix contre l’injustice est devenu une pratique habituelle, et aider à l’autonomie des femmes est la preuve la plus sincère de sa compréhension du monde.

À quelques jours du début de la compétition des 400 mètres, à l’occasion de ses cinquièmes Jeux olympiques, la sprinteur est maintenant représentée par Athleta -ligne qui ne sponsorisait pas les professionnels- et a lancé il y a un mois Saysh, une marque 'conçue pour rendre visible le style de vie des femmes du XXIe siècle'.

Felix trouve également dans les médias et les réseaux sociaux des espaces pour donner la parole aux sans défense : 'Ne jamais sous-estimer le pouvoir de votre capacité à créer un changement', répéte-t-elle.

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