Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le Chili dénonce les plans de la droite sur le processus constitutionnel

Santiago du Chili, 23 septembre (Prensa Latina) Une centaine d'organisations sociales chiliennes ont dénoncé la tentative des secteurs conservateurs de " détourner " le processus constituant en cours aujourd'hui au Congrès et d'empêcher le libre exercice de la souveraineté populaire.

Dans une déclaration rendue publique, les signataires précisent que la seule façon de définir la constitution était par le biais d'une entité composée de membres élus directement par les citoyens, avec parité, sièges réservés et représentants du monde indépendant.

Ainsi, les organisations sociales, syndicales, indigènes, environnementales et de défense des droits de l'homme ont refusé l'intention de la droite de confier la rédaction d'une nouvelle constitution à un comité d'experts ou au Congrès.

"Les progrès en termes de respect et de garantie des droits comme la santé, l'éducation, la sécurité sociale, le logement décent, entre autres, doivent être une tâche prioritaire pour l'État dans son ensemble et ne peuvent donc faire l'objet d'aucune négociation ni d'aucun report", indique le communiqué.

Le texte rappelle que la demande d'aller vers une nouvelle loi fondamentale pour remplacer celle en vigueur depuis la dictature (1973-1990) a émergé des manifestations de 2019.

"Nous voulons avertir qu'il n'y aura pas de paix sociale si les secteurs qui défendent le statu quo tentent de ramener les choses à l'état qui prévalait au Chili avant l'explosion sociale", prévient le texte.

Pour le président de la Commission chilienne des droits de l'homme, Carlos Margotta, avec leur manœuvre, les conservateurs pourraient provoquer une nouvelle mobilisation comme celle de 2019. Il considère qu'il n'y aurait pas de paix tant que ne seront pas résolus les problèmes structurels qui se sont révélés dans le déchaînement social et où le peuple chilien a exprimé massivement et majoritairement son désir de mettre fin au projet de la Constitution de 1980.

La déclaration a été faite au Palais de la Moneda, siège du gouvernement, au moment où les partis politiques représentés au Congrès national reprennent les négociations sur le processus d'élaboration d'une nouvelle constitution.

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