Agence de Presse de l'Amérique Latine

À l´approche d´un vote majeur au Chili

Par Rafael Calcines

Santiago du Chili, 17 octobre (Prensa Latina) Le 25 octobre prochain, près de 14,8 millions de personnes sont convoquées aux urnes au Chili afin de décider lors d´un plébiscite historique pour une nouvelle Constitution ou pour maintenir l’actuelle, imposée en 1980 par la dictature d’Augusto Pinochet.

La conviction générale est qu’il ne s’agit pas de changer simplement une loi fondamentale pour une autre ou de réformer la loi en vigueur. Mais que cela ne sera que la première étape d’un long processus.

Lors du vote, les électeurs décideront s’il y a lieu d’établir une nouvelle Carta Magna exprimant les aspirations de millions de Chiliens qui, il y aura de ça précisément un an demain le 18 octobre, se sont lancés dans les rues pour des protestations sans précédent en réclamant des changements dans tous les domaines, y compris le démantèlement du modèle néolibéral blindé par la loi fondamentale en vigueur.

Dans des déclarations exclusives pour l´hebdomadaire Orbe, le juriste et politicien Eduardo Contreras a rappelé que la convocation à ce plébiscite a été lancée le 15 novembre 2019.

'L’Accord pour la Paix et une nouvelle Constitution entre la droite et les partis de centre qui formaient ‘la Concertation' a été la réponse de la classe politique à la mobilisation populaire d’il y a un an'. Pour Contreras, il est bon qu’un processus soit engagé pour mettre fin à l’actuelle Constitution.

Cependant, il estime comme négatif le fait que, dans l’hypothèse où gagnerait l’Approbation et l’option d´une Convention Constituante (comme mécanisme de rédaction de la nouvelle Constitution), rien ne garantit qu’il sera possible de choisir un nombre suffisant de constituants capables d’atteindre les deux tiers du total, de manière à garantir une nouvelle forme d’organisation politique de la société chilienne.

Selon celui qui est également membre de la direction du Parti communiste chilien, il s’agit de parvenir, avec l’unité des forces favorables au changement, à une majorité suffisamment forte pour décider également lors du processus ultérieur d’élection des délégués constituants, et obtenir 'une Constitution permettant à l’Etat de récupérer la propriété des richesses naturelles du pays et des principaux moyens de production'.

Il conclut que «si cela n’est pas fait, il sera impossible à l’État de garantir l’éducation, la santé, le logement, la protection sociale et la culture au peuple chilien, comme nous le souhaitons, et nous en seront au même point qu´aujourd´hui ».

À une semaine seulement de l’ouverture des bureaux de vote, il est déjà certain que le plébiscite se déroulera, qu’il y aura une participation remarquable, dans un pays marqué par l’abstentionnisme, et que l’approbation et l’option de la Convention constituante seront victorieuses.

Ceci, malgré les campagnes des détracteurs du changement qui alertent sur de possibles dangers de contagion par la Covid-19, dans une tentative évidente d´encourager une faible participation.

Mais au fur et à mesure que celles-ci s’estompent, ces détracteurs cherchent maintenant à remettre en cause les résultats du plébiscite avant même qu´il n´ait lieu, en véhiculant l’image d’un climat présumé de violence dont parlent avec insistance ces jours-ci des personnes politiques de droite et les médias alliés, en profitant d’actions isolées d’éléments extérieurs au vaste mouvement social chilien.

peo/mem/dfm/rc/cvl