Agence de Presse de l'Amérique Latine

Hommage aux leaders assassinés en Colombie après la signature de la paix

Bogota, 15 juin (Prensa Latina) Un total de 442 personnes étant à la tête de processus communautaires ou qui défendaient les droits humains ont été assassinées en Colombie après l’Accord de Paix signé le 24 novembre 2016 entre l´État et l´ancienne guérilla des FARC-EP, souligne aujourd’hui le quotidien El Espectador.

L’influent journal a rendu hommage ce dimanche à tous ces leaders sociaux à qui il a dédié sa couverture alors que ces crimes se poursuivent dans le pays.

Le quotidien, avec des données fournies jusqu’en mars dernier par le programme Somos Defensores (Nous sommes des défenseurs), mentionne tout d’abord Marcelina Canacué, Mario Castaño Bravo, Mary Florelia Cana Meza, Dagoberto Alvarez et Gloria Isabel Ocampo, assassinés dans différentes parties du pays, certains devant leurs enfants.

À eux s’ajoutent au moins 437 autres noms, un 'registre macabre' qui ne compte que les cas documentés et fournis par Somos Defensores, précise le journal.

El Espectador fait allusion à une campagne destinée attirer à nouveau l’attention du gouvernement et de la société sur le phénomène et qui est encouragée par un groupe de chroniqueurs d’opinion membres du mouvement Defendamos la Paz (Défendons la Paix).

'Nous, depuis les colonnes d’opinion, nous pouvons nous solidariser et dénoncer des faits, mais nous sommes impuissants pour arrêter les balles', a déclaré Gloria Arias, l’une des journalistes défendant l’initiative.

L’idée est d’utiliser pendant deux semaines les espaces d’opinion de plus de trente chroniqueurs pour raconter des histoires de leaders assassinés, avec la conviction qu’il s’agit d’une tragédie humaine qu’il est urgent de voir au-delà des chiffres, explique-t-elle.

Lourdes Castro, coordinatrice du programme Somos Defensores, a pour sa part assuré que le gouvernement se concentre uniquement sur la pandémie de Covid-19 et oublie d’autres problèmes très graves, comme celui-ci.

À l’assassinat de leaders sociaux, il faut ajouter celui d’ex-combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP), insiste le quotidien.

'La guérilla a été démobilisée et a rendu les armes, elle a respecté les accords. Aujourd’hui, cependant, 199 ex-combattants ont été assassinés. L’Etat n’est pas juste, car lui ne respecte pas les accords', assure Gloria Arias.

« Le leader social est la seule chance pour les personnes les plus abandonnées et marginalisées d’être entendues par le gouvernement, dans les médias ou dans les capitales. C’est à travers les leaders que ces voix et ces souffrances se font entendre. Quand ils tuent un leader, ce qu’ils tuent, c’est la voix de ces gens qui sont représentés », déplore-t-elle.

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